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Plages: un rush à risques

Plages: un rush à risques

Une délivrance ! C’est ainsi qu’a été qualifiée la décision de réouverture progressive des mosquées, plages et parcs de loisirs par les algériens, après plusieurs mois de confinement. Une mesure qui n’est pas sans risque, si jamais le dispositif sanitaire n’est pas respecté, surtout que la situation sanitaire du pays demeure toujours préoccupante.
L’avant dernier bilan du ministère de la Santé fait état de la contamination par la COVID-19 de 469 personnes et le décès de 9 autres. 

Effective depuis hier, la décision de réouverture graduelle des lieux de culte, des plages et lieux de détente redonne sourire à plusieurs algériens, en quête de quiétude et de fraicheur en ces journées caniculaires. Quoique dans certaines villes côtières, les habitants ne se sont pas privés du plaisir de se rendre à la plage malgré l’interdiction. Mais depuis hier matin, les algériens peuvent nager, se détendre dans les parcs de loisir, mais aussi prier dans une mosquée.

Cette décision annoncée le 3 août à l’issue d’une réunion du Haut Conseil de Sécurité, présidée par le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a été bien accueillie par nombres de familles algériennes, pour qui l’atmosphère à la maison devenait de plus en plus insupportable en raison du confinement qui n’a que trop duré, selon les témoignages exprimés ici et là.

« Déconfiné, je me sens revivre », écrit un sexagénaire sur facebook. Le soulagement est surtout du côté des professionnels du tourisme et de la restauration qui peuvent désormais reprendre le service, après un chômage qui a duré plusieurs mois. « Au moins, je pourrai couvrir certains de mes frais, comme la location », signale un restaurateur qui ne compte plus ses pertes.

Cependant, la réouverture des lieux de culte et des plages est conditionnée par le respect d’un dispositif sanitaire bien établi. Ainsi, la réouverture des mosquées concernent les grandes d’entre elles d’au moins mille places, et qui soient en mesure de permettre la distanciation physique indispensable, avec comme impératif le port du masque.

La réouverture des plages et lieux de détente est également soumise au respect des conditions sanitaires. Hier, dans certaines plages l’on essaye tant bien que mal à respecter ces mesures. A Tassalast, une plage prisée par les estivants à Tigzirt dans la wilaya de Tizi Ouzou, les lieux ont été aménagés pour s’adapter au contexte de la pandémie.

Avec des parasols espacés de quelques mètres les uns des autres, la distanciation est respectée, du moins au bord de la mer ! Dans certaines mosquées, comme le montre les photos diffusées par les fidèles, le port du masque de protection, la prière sur le tapis personnel semblent aussi être respectés pour ce premier jour.

Néanmoins, des spécialistes n’hésitent pas à qualifier ce « déconfinement progressif » d’un pari risqué, compte tenu de la recrudescence des cas de COVID-19 dans le pays. L’inconscience et l’insouciance, dont ont fait preuve certains, avec le non-respect des mesures barrières, même en période de confinement, font craindre le pire. 

Le scénario de l’après Aid El Fitr, caractérisé par le non-respect des recommandations des spécialistes, à la suite duquel un pic des contaminations a été enregistré, risque de se reproduire, d’autant que l’application des mesures barrières sera très difficile, notamment dans les plages. La balle est encore une fois jetée dans le camp de la population qui doit impérativement changer de comportement pour éviter une autre vague de contamination.

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