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Nationale

Place au verdict des urnes

Place au verdict des urnes

C’est aujourd’hui que 23 millions d’Algériens sont appelés à choisir les 462 députés pour un mandat de cinq ans. Ils sont 11 334 candidats répartis sur 938 listes électorales, dont 6 ministres du gouvernement actuel, qui se sont évertués à tenter de convaincre l’électorat d’aller voter pour leurs listes ou leur parti politique.

Une campagne qui aura vu surtout la mobilisation des chefs de parti, qui n’ont pas hésité à sillonner tout le territoire national, animant des meetings et organisant des actions de proximité. Des chefs de parti qui ont largement tenté de défendre leur programme, versant beaucoup plus dans une campagne qui ressemble, à bien des égards, à celle des présidentielles avant l’heure.

Cependant, cette campagne électorale s’est déroulée dans un contexte politique assez spécial et dans une conjoncture économique marquée par la crise. Fade, sans attrait et monotone, elle n’a pas vraiment emballé, ni les médias ni les citoyens.

En raison de l’austérité manifeste et des faibles budgets consacrés à ce vote, les partis politiques se sont contentés du minimum. Pas d’affichages ostentatoires, pas de gros shows, pas de meetings spectaculaires.

Les zerdas et les waâdas, il y en a eu de moins en moins. Certains avaient pensé à investir dans le digital et les réseaux sociaux pour gagner en popularité, mais ils ont été dissuadés par les coûts et les fortes dépenses exigées pour l’entretien des permanences. La crise économique était bien perceptible durant cette campagne par rapport aux législatives précédentes.

D’ailleurs, la plupart des partis ont exigé de leurs têtes de liste leurs propres financements de la campagne. C’est d’ailleurs cette règle « capitaliste » et « éliminatoire » qui a empêché beaucoup de vrais cadres militants de participer, d’être en haut de l’affiche et de mener un staff électoral et politique.

C’est aussi pourquoi certaines grandes formations ont accepté des hommes d’affaires et des entrepreneurs richissimes parmi leurs candidats, les mettant carrément en tête de liste. Cela s’est vérifié avec le RND Tsurtout, qui ne s’en cache pas, surtout à Blida, Oran et Bordj Bou Arréridj. 

Or, si la crise économique a impacté la campagne électorale, elle n’a pas pour autant dominé les discours des prétendants à la députation. On a rarement évoqué la rigueur, l’austérité, la rationalisation des deniers publics et les mécanismes de contrôle des financements publics.

Peu d’orateurs ont vraiment misé sur la nécessité de mettre en place un autre système de gestion, un management novateur et moderne des budgets étatiques et la création d’un cadre juridique et législatif cohérent et dissuasif pour lutter contre la corruption, la dilapidation et les détournements.

D’un autre côté, cette campagne s’est déroulée également dans un climat délétère, morose, caractérisée par le désintérêt des citoyens, notamment les franges les plus jeunes.

On savait que la dépolitisation est une tendance lourde dans cette société et qu’elle est généralement suivie par l’abstention manifeste lors d’un vote. Mais que d’autres catégories de cet électorat, traditionnellement participationnistes, se démarquent ouvertement des législatives, cela devient grave.

On a évoqué plusieurs facteurs dans ce basculement, dont le manque de crédibilité des parlementaires, les mauvais choix des personnes candidates par les partis politiques et la défaillance criante des institutions populaires élues, ainsi que les forts soupçons de fraude et d’irrégularités qui pèsent sur les scrutins nationaux, en dépit des actions de transparence et de la bonne volonté émises par les autorités publiques.

La hantise de l’abstention est devenue un vrai cauchemar pour les pouvoirs publics. Le gouvernement n’a pas lésiné sur les moyens, en lançant des campagnes de sensibilisation, pour convaincre les réticents et les pessimistes des bienfaits de l’acte de voter, même blanc.

Tout le monde s’est impliqué, aussi bien le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, à travers un message fort à propos, le Premier ministre Abdelmalek Sellal, qui a sillonné quelques wilayas phare pour rencontrer la société civile, que des ministres, comme Bedoui, en charge de l’Intérieur et des Collectivités locales, ou encore le président de la Haute instance indépendante de surveillance des élections.

Des appels et des spots pour casser la « routine » de l’abstention. Le taux de participation aux législatives est devenu un enjeu de taille, d’autant que la majorité de la classe politique du pays cherche un bon score de participation des électeurs afin de consacrer la légitimité d’une institution longtemps décriée.

En 2002, la participation a atteint 45%, alors qu’en 2007 ce taux a fortement baissé (38%), avant de frôler les 42% lors des législatives de 2012. C’est cet enjeu, au-delà des duels politiques entre le FLN et les autres partis prétendants, qui va dominer l’actualité de cette longue journée de vote.

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