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Pétrole, Schiste US : l’inéluctable équation du marché mondial

Pétrole, Schiste US : l’inéluctable équation du marché mondial

Les experts, comme les investisseurs, n’arrivent plus à maîtriser les fils complexes du marché mondial du brut. Depuis des semaines, ce dernier vogue dans une volatilité déroutante.

Les cours connaissent des fluctuations incessantes et l’équation offre-demande est brisée par d’autres logiques économiques et financières alors qu’avant, c’était beaucoup plus des considérations politiques et géo-stratégiques qui influaient sur ce marché.

Personne parmi les acteurs du pétrole ne pouvait prédire ou prévoir. La régulation du secteur est devenue difficile, à la limite impossible. A moins de créer d’autres mécanismes et d’autres ressorts du système.

Pourtant, on constate que le secteur parapétrolier commence à bouger après avoir souffert de l’effondrement des cours ces deux dernières années. L’industrie en amont et en aval, comme les forages, l’exploration, l’extraction, les canalisations et enfin le raffinage et la commercialisation retrouvent des souffles, en raison de nouveaux investissements, certes timides, mais réels.

C’est un signe tangible que quelque chose est en train d’évoluer dans la configuration du marché mondial. Mais, cela n’a pas encore des impacts directs sur la structure des prix. Ce marché est encore fragilisé et soumis à des aléas de toutes sortes.

S’il est vrai que l’OPEP et d’autres gros producteurs non affilés, comme la Russie, ont tenté par un accord de réduction des quotas de production de raffermir les cours en maintenant une stratégie de concertation et de coopération, les effets espérés risquent d’être vains.

Pour beaucoup d’analystes, le gros problème du marché du pétrole demeure le schiste américain, qui vient de gagner en productivité et qui se développe rapidement grâce aux innovations technologiques. Cela lui permet de prospérer même à un cours mondial de plus de 50 dollars. Il faut rappeler que les Saoudiens avaient déclenché la guerre des prix en 2014, misant sur une chute des cours à moins de 30 dollars le baril pour casser le schiste américain.

Au bout de quelques mois, les conséquences étaient beaucoup plus terribles pour les producteurs de pétrole que pour les compagnies US du Texas et du Dakota du Sud et du Nord. C’’est cela la nouveauté qui a poussé l’OPEP et les Saoudiens à changer de stratégie. Pour les experts, la réalité du marché du pétrole, c’est l’existence de centaines de sociétés, petites et grandes, aux Etats unis et au Canada.

Ce sont ces compagnies qui ont complètement transformé, en six ans, la configuration du marché du pétrole dans le monde, rendant les Etats unis l’un des plus grands producteurs. Les Américains jouent aujourd’hui un rôle crucial sur les cours que ni les Russes, ni les Saoudiens ne peuvent leur contester.

La construction d’un gigantesque pipeline du Keystone, dont on attend l’autorisation de Trump, va chambouler les indicateurs. Ce qui complique la donne, c’est que les Etats Unis ne sont ni membres de l’OPEP, ni un partenaire classique. C’est le seul pays au monde où le gouvernement ne dicte rien aux compagnies du pétrole, aussi bien les géants que les petits.

Comment, dans une situation pareille, peut-on réguler et trouver des partenaires pour négocier des accords ou parvenir à des deals ? Pour les experts, c’est encore impossible maintenant en raison de la dynamique économique du schiste américain.

Un consultant international estime que la “structure des échanges pétroliers a été modifiée. Les arbitrages sont plus nombreux, les raffineries sont plus qu’autrefois des “fuels arbitrageurs”. Selon ses affirmations, des modifications de la réglementation du commerce extérieur en matière pétrolière ont ouvert de nouvelles possibilités, rendant ainsi le contexte plus différent que par le passé.

Comment peut-on analyser les prix dans une conjoncture aussi alambiquée ? “Nul ne peut dire ce que sera le prix dans deux mois, dans deux ans ou dans dix ans. Car l’intrication des variables économiques et géopolitiques rendent la lecture et la compréhension difficiles”, souligne Jean Marie Chevalier, membre d’un cercle d’économistes et professeur émérite à Paris.

Hier en fin d’après-midi, le WTI valait 50,88 dollars le baril, alors que le Brent flirtait avec les 54 dollars. C’est une petite stabilité due surtout au raffermissement du dollar et à la reprise du pétrole libyen.

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