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Energies

Pétrole: Moscou et Ryad reviennent à la raison !

Pétrole:  Moscou et Ryad reviennent à la raison !

 Les pays membres de l’Opep et leurs partenaires, dont la Russie (Opep+), sont parvenus ce jeudi à un accord pour réduire l’offre mondiale de pétrole de 10 millions de barils/jour (mb/j) durant les deux prochains mois, à compter du 1er mai et jusqu’à la fin juin 2020.

Cette baisse représente 10% de la quantité de pétrole mise sur les marchés internationaux et qui dépassait légèrement les 100 millions de barils par jour en janvier 2020.
La conclusion d’un accord par les pays membres de l’Opep et les producteurs qui ne font pas partie de l’organisation lors de la réunion en visioconférence de ce jeudi n’a pas été une surprise.
Quelques jours auparavant un entretien téléphonique entre Donald Trump et Vladimir poutine annonçait la couleur. En plus du coronavirus, les deux présidents ont également abordé l’effondrement des prix du baril de pétrole et ses conséquences sur l’économie mondiale.
A quelques mois des élections présidentielles américaines, Donald Trump est sérieusement malmené par le covid-19. L’économie US est en crise.
En l’espace de deux semaines 17 millions d’américains se sont inscrits aux allocations chômage, ce qui représente 10% de la population active.
Un coup dur pour le locataire de la Maison Blanche qui comptait sur une croissance soutenue et un taux de chômage le plus faible dans pays membres de l’Ocde pour mener sa campagne présidentielle pour un second mandat.
Et parmi les grandes réussites de l’actuel locataire de la Maison blanche, le pétrole de schiste. Au début de cette année les Etats sont devenue le premier producteur mondial de pétrole avec13 millions de barils par jour, dépassant ainsi la Russie et l’Arabie saoudite. Mais comme attendu, un pétrole inférieur à 30 dollars n’arrange pas les affaires des producteurs de schiste américains. Certes le développement rapide de la technologie rentrant dans la production des hydrocarbures non conventionnels a permis de réduire les couts à la production.
Or, certains analystes estiment les couts de production d’un baril de pétrole de schiste entre 30 et 50 dollars. Ce qui nécessite un prix du baril de supérieur à 50 dollars pour que les producteurs américains poursuivent leurs activités.

Moins d’un mois après le début de l’effondrement des marchés pétroliers le 9 mars dernier, qui a fait suite à l’échec de la réunion de l’Opep + du 6 mars, les producteurs américains commencent à subir les conséquences.

Pour la première fois depuis près de dix ans, la production de pétrole aux Etats-Unis a reculée de 600 000 barils par jour ce 4 avril. Selon l’agence américaine d’information sur l’énergie, la production américaine n’a été que de 12,60 millions de barils par jour, le 4 avril 2020, contre 13 millions une semaine auparavant. Lors de son entretien avec Vladimir Poutine, Donald Trump, soulignait que les producteurs américains sont des privés et que le gouvernement ne peut imposer une réduction de la production. Mais si le gouvernement américain ne peut obliger les producteurs à réduire leurs productions, il peut par contre ne pas aller à leurs secours. Les entreprises de schistes cumulent des dettes dépassant les 110 milliards de dollars. Rien que pour 2020, ils doivent rembourser prés de 24 milliards de dollars. Ce qui relève de l’impossible en raison des pertes cumulées suite à l’effondrement des marchés pétroliers. Beaucoup de producteurs ne peuvent accéder à des crédits bancaires. Faute de financement, certains observateurs américains s’attendent à la fermeture des 2/3 des puits de schistes en production.
La décision prise par l’Opep+ de réduire sa production et le début du processus de baisse de la production américaine permettront-ils un redressement rapide des prix ?

Un redressement sérieux des prix ne pourraient intervenir qu’avec la fin de la pandémie et la reprise de l’économie mondiale. En raison du confinement, la demande UsSde pétrole a baissé de plus de 10% comparativement avec la même période de 2019.

Avec le confinement de l’Inde, l’autre grand importateur de pétrole dans le monde, après la Chine, la baisse de la demande mondiale de pétrole pourrait atteindre les 25%, soit près de 25 millions de barils par jour. Ce qui est en soit énorme.
Retirer 10 millions de barils par jour des marchés constitue tout de même un premier pas tendant vers un rééquilibrage graduel de l’offre et de la demande pétrolière, qui ne pourrait intervenir qu’avec une reprise rapide de l’économie mondiale.

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