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Energies

Pétrole, le dramatique effondrement

Pétrole, le dramatique effondrement

Du jamais vu. Pour la première fois depuis le début de l’utilisation industrielle du pétrole en 1857, des producteurs de pétrole aux Etats-Unis ont versés de l’argent pour se débarrasser de leurs productions. Le Brent, pétrole de référence de la Mer du nord, est passé sous la barre des 20 dollars, tandis que le Sahara Blend, pétrole algérien, a été cédé à 16, 95 dollars le baril. Aux Etat-Etats, le choc était le plus total, le pétrole de schiste américain a été cédé à moins 37 dollars (-37).

En clair, certains producteurs ont payés jusqu’à 37 dollars pour voir leur production stocker. Une situation inédite créée par les difficultés qu’éprouvent les pays exportateurs de pétrole à écouler leur production. Aux Etats-Unis, les capacités de stockage arrivent à saturation. Certains producteurs vont inévitablement fermer leurs sites de production en raison de la saturation des capacités de stockage et des dettes qui s’accumulent. La décision prise par l’Opep+ de réduire la production à moins de 10 millions de barils par jour à partir du 1er mai n’a pas eu une incidence positive sur les prix. La pandémie du Covid-19 et le confinement de la moitié de la population mondiale ont plongé l’économie mondiale dans une grave récession.

L’agence internationale de l’énergie estime la baisse de la demande mondiale en pétrole, depuis le début de cette année, à 25%, soit près de 25 millions de barils par jour. Rien que le transport aérien, presque à l’arrêt actuellement, consomme à lui seul un peu plus de 7 millions de barils par jour. Le confinement qui limite les déplacements des personnes et des biens, suivi d’un hiver exceptionnellement doux dans l’hémisphère nord développé, ont conduit à cet effondrement historique des marchés. La réduction de la production de l’Opep+ ne représente en réalité que la moitié de la baisse de la demande évaluée par l’AIE.

Avant-hier quelques membres de l’Opep se sont entretenus par téléconférence de la situation très critique sur les marchés pétroliers. Mais l’Opep doit attendre l’entrée en vigueur le 1er mai prochain de la réduction de la production et observer le comportement des cours du baril pour se prononcer sur de nouvelles mesures. D’ici là également les pays faisant partie de l’opep+ vont observer le développement de la production des Etats-Unis. Il n’est pas à écarter que sur les 9000 producteurs privés de pétrole de schiste américains, nombreux ceux qui vont fermer leurs puits.

Mais la baisse de la production de l’Opep+ et la faillite des producteurs de schiste aux USA n’annoncent nullement la fin de ce grave chute chronique des prix. Il faudrait attendre la fin de la pandémie et la levée du confinement pour avoir une idée sur la rapidité avec laquelle l’économie mondiale va se redresser. Et même dans le cas d’une reprise rapide, les stocks mondiaux de pétrole sont à leurs plus hauts niveaux. Selon l’AIE la capacité mondiale de stockage de pétrole serait de l’ordre de 7 milliards de barils de pétrole. Ce qui représente 70 jours de la demande mondiale de pétrole d’avant la pandémie. Ce niveau jamais égalé des stocks mondiaux vont lourdement peser sur les prix à l’avenir.

Pour les observateurs des marchés, la situation actuelle de l’économie mondiale, le niveau élevé de la production et des stocks tirent les prix vers le bas et cela, pour une période plus où moins longue. Sauf dans le cas d’une reprise rapide et forte de l’économie mondiale doublée d’une forte baisse de l’offre mondiale de pétrole. Pour le cas de l’Algérie, les mesures prises par le gouvernement et qui concernent la réduction de 10 milliards de dollars de la facture des importations, de 7

milliards de dollars de celle des services et de faire passer les investissements et les charges de Sonatrach de 14 à 7 milliards de dollars permettraient de limiter l’érosion accélérer des réserves de change. Et ceci en attendant de lancer des réformes économiques audacieuses ouvrant la voie à une relance de l’économie nationale indépendante des hydrocarbures sur des bases solides.

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