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Pétrole : La grande stagnation

Pétrole : La grande stagnation

Les observateurs étaient curieux d’attendre l’ouverture avant-hier des séances après un week-end marqué par l’incertitude et des doutes sur la capacité des marchés à répondre aux nombreuses interrogations.

Finalement, ce marché a tenu bon. La stagnation était visible dés l’ouverture, mais les cours restaient loin encore de l’équilibre. A cela, il faudra sans doute accuser les petites révisions des chiffres de l’OPEP et des faiblesses de la demande en Asie.

C’est ainsi que le WTI, la référence américaine du brut, prenait 13 cents à 44,87 dollars sur les contrats pour livraison en juillet au Nymex, alors que le Brent gagnait 40 cents juste au début de l’après midi d’hier, soit à 47,67 dollars. Selon un analyste du cabinet Mizuho Securities USA, il y aurait eu « un ajustement à la baisse des chiffres de la production de l’OPEP pour mai. », ajoutant qu’une « façon ou d’une autre, ils sont allés chercher des analystes supplémentaires pour qu’ils leurs fournissent des chiffres de l’offre ».

Rappelons que le cartel, qui veut appliquer sévèrement son accord de limitation de la production du brut jusqu’en mars 2018, publie chaque mois des données de production sur des sources secondaires, jugées plus fiables que ceux que les membres déclarent. En fait, pour les experts du marché pétrolier, cette révision est arrivée au bon moment, car la demande commençait à montrer des signes inquiétants.

Depuis quelques jours, des sources japonaises et indiennes alimentent ces inquiétudes sur la consommation des produits pétroliers dans ces pays, traditionnellement très demandeurs. Déjà que dans d’autres pays du continent asiatique évoquaient des reculs manifestes sur la demande de pétrole, et un ralentissement de la croissance.
Ces facteurs ont déterminé certainement l’ambiance générale très morose sur le marché.

Le prix du brut a reculé en 20 jours, atteignant ses plus bas niveaux depuis sept mois, soit avant l’accord de Vienne. A New York, le baril a perdu 16,5% de sa valeur depuis le début de l’année. Mais, la stabilité d’hier constatée sur les cours s’expliquent par la hâte chez les investisseurs de profiter des prix bas par des achats à bon compte.

Mais, il n’y a pas que cela. La production américaine, en forte hausse depuis l’automne en raison des extractions de pétrole de schiste, sera également suivie de près. Chaque mercredi, on attend avec impatience la publication des données officielles de la part du Département de l’Energie sur le niveau des stocks et autres réserves des produits pétroliers et ses dérivés.

Au niveau de l’OPEP, on s’inquiète également de la hausse, non contrôlée, des productions du Nigéria et de la Libye, ces deux pays étant exemptés de quotas limités signés par le cartel et ses partenaires non affiliés.

On pense que les libyens vont atteindre les 900.000 barils/jour d’ici quelques jours, d’ou les revendications pour que l’OPEP réajuste son accord de mai et revoit les seuils des quotas et des niveaux de production de chaque pays. Sinon, dans le marché, on constate toujours de l’abondance de brut et cela influe durablement sur les cours, qui auront d’immenses difficultés pour s’approcher de la barre psychologique des 50 dollars le baril.

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