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Pétrole : la cote d’alerte

Pétrole : la cote d’alerte

Les douze membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont décidé de maintenir inchangé son quota de production de pétrole, ce qui a fait que les prix ont poursuivi leur dégringolade hier à des niveaux sans précédent depuis juillet 2010.

A Vienne, qui abrite le siège du cartel, l’Algérie a plaidé pour une position consensuelle sans pencher en faveur d’une baisse ou d’un maintien du quota, laissant le choix de la négociation aux poids lourds de l’organisation.

L’Arabie saoudite et le Koweït ont rejeté toute discussion sur le quota, tandis que le Venezuela et l’Iran défendaient pourtant une baisse du quota pour faire remonter les cours et éviter de lourds déficits budgétaires. Mais ces « faucons « avaient aussi un souci : préserver l’unité du cartel. L’unité est sauvée, mais le cartel a aussi montré les limites de son pouvoir. L’organisation n’a même pas invité ses membres à respecter le quota de 30 millions de barils.

Elle refuse aussi de porter seule le fardeau des conséquences sur le marché. A la veille de la réunion, l’Arabie saoudite et le Venezuela avaient fait des appels du pied aux Russes et aux Mexicains pour engager des efforts qui favoriseraient une remontée des prix. En vain. Les Saoudiens voient d’un très mauvais œil la forte hausse de la production américaine depuis deux ans. « Pourquoi l’Arabie saoudite devrait réduire sa production ? Les Etats-Unis sont aussi un gros producteur maintenant. Devraient-ils couper ? », s’est écrié le ministre saoudien du pétrole, Ali al-Naïmi.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que la situation devrait durer jusqu’à la fin du premier semestre 2015, en raison d’un surapprovisionnement du marché.

Du côté de l’offre, la montée en puissance de la production américaine ne se dément pas. Grâce à leurs huiles de schiste, les Etats-Unis produisent déjà 9 millions de barils par jour et se rapprochent de l’Arabie saoudite et de la Russie. Du côté de la demande, l’Europe et de grands pays émergents, notamment la Chine, ne donnent pas de signes tangibles de reprise économique.

Cette situation n’est pas pour réjouir les perspectives algériennes. Une poursuite des chutes pendant encore six mois exacerberait les plans de développement et aiguiserait les tensions sociales.

L’Algérie, qui pompe 1,2 million de baril/jour seulement, a besoin d’un prix excédant les 100 dollars afin de pouvoir concrétiser son plan de développement 2015-2019, et surtout maintenir les financements des projets en cours. Des experts économiques soutiennent que les dirigeants ne veulent pas tirer les enseignements de la crise de 1986, estimant que le pays ne cesse de rater les occasions de lancer une économie qui se substitue aux hydrocarbures.

Hier, le baril de Brent de la Mer du Nord pour livraison en janvier valait 72,91 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres.

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