Selon la COFACE: l’inflation principal défi du gouvernement algérien
Comme l’ont prédit nombre d’experts, l’année 2022 sera marquée par une importante inflation. L’Algérie se trouve, en effet, dans une poussée inflationniste «très sérieuse» que les autorités devront juguler. Cela s’inscrit dans une conjoncture économique mondiale marquée par des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et une inflation «préoccupante» pour toutes les économies pour l’année 2022.
La crise sanitaire du coronavirus a sérieusement impacté les économies de tous les pays du monde, même les plus résilientes. Deux ans après le début de la pandémie, l’économie mondiale se rétablit progressivement mais reste confrontée à des défis importants, a indiqué la COFACE, la compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur, qui a publié, le 18 février, le Baromètre T4 2021 intitulé «La reprise mondiale devrait se poursuivre malgré un chemin semé d’obstacles».
Selon cette compagnie d’assurance, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, qui devront se prolonger cette année en dépit des visions optimistes, mais surtout l’inflation «préoccupante et incontournable», qui devrait toucher toutes les économies durant l’année 2022, seront les défis auxquels sera confrontée l’économie mondiale. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement devront s’étendre à d’autres secteurs, à l’instar de l’industrie manufacturière et de la construction, après avoir touché principalement l’industrie automobile. L’inflation qualifiée de préoccupante et d’incontournable devrait caractériser les économies des pays.
«L’autre risque majeur, l’inflation, est de plus en plus important, notamment en raison de la prolongation du rebond des prix des matières premières, alimenté par l’inertie de l’offre à court terme et les tensions géopolitiques», a-t-on indiqué, signalant que cette inflation est également portée par les prix des produits manufacturés dans de nombreuses économies, les entreprises répercutant les hausses des coûts de production sur les prix à la consommation.
Cette forte hausse de l’inflation risque, estime le rapport de la COFACE, d’exacerber les pressions sociales dans les pays émergents et en développement. Des pressions sociales déjà renforcées par l’accroissement des inégalités en lien avec la pandémie, a-t-on signalé. L’Algérie a été citée comme étant un exemple de pays qui connaissent des pressions sociales croissantes imputables à la crise, à côté d’autres pays africains, entre autres, l’Afrique du Sud, l’Angola, le Mozambique, le Nigeria, la RDC, la Tunisie.
En Algérie, l’inflation a en effet atteint un record historique. Elle s’est accélérée de 5,96 points de pourcentage en une année pour atteindre 9,2% en octobre 2021 par rapport au même mois de l’année précédente, reflétant la hausse des prix des produits alimentaires, selon les précisions du gouverneur de la Banque d’Algérie, Rosthom Fadli.
Cette évolution reflète la forte hausse des prix des biens alimentaires, passant de 1,8% en octobre 2020 à 14,4% en octobre 2021, en lien avec la forte croissance des prix des produits agricoles frais qui ont inscrit une évolution de 16,5% en octobre 2021 contre 1,9% le même mois de l’année écoulée. Les prix des biens manufacturés sont restés en hausse, atteignant un taux de 6,2%. Les prix des services ont aussi évolué de 2,3% en octobre 2021 contre 0,7% le même mois de l’année précédente.
L’année 2022 sera donc marquée par une importante inflation que les autorités devront juguler après avoir longtemps travaillé pour rééquilibrer la balance commerciale et le déficit budgétaire.
L’absence de certains produits sur le marché trouve aussi son explication dans les perturbations des chaînes d’approvisionnement, surtout que le pays est fortement dépendant de l’extérieur.