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Monde Amériques

Pérou: les députés contre la destitution de Vizcarra

Pérou: les députés contre la destitution de Vizcarra

Accusé de manipulation de témoins dans une enquête pour corruption, le président péruvien, Martin Vizcarra, a échappé à la destitution pour « incapacité morale », le nombre de voix au Parlement n’étant pas suffisant pour le renverser.

Pour renverser Viscarra au pouvoir depuis 2018, il fallait les voix de 87 parlementaires sur les 130 qui composent le Parlement monocaméral du Pérou.

A l’issue d’âpres débats de plusieurs heures, seules 32 députés se sont prononcés en faveur de la procédure de destitution de président de centre droit.

Le Parlement a initié la procédure à la suite d’accusations de manipulation de témoins dans une enquête pour des soupçons de corruption. L’affaire porte sur l’embauche d’un chanteur par le ministère de la Culture, la justice soupçonnant l’artiste d’avoir bénéficié d’un contrat de complaisance.

Des enregistrements audio dans lesquels M. Vizcarra demande à des témoins de mentir avaient précipité le vote d’une motion du Parlement, 65 parlementaires, sur les 52 requis, ayant demandé d’enclencher la procédure de destitution.

Le président péruvien s’est rendu au Parlement dès l’ouverture des débats pour plaider sa cause, bien qu’il n’y soit pas tenu par la loi. « Je ne pars pas, je ne l’ai pas fait avant et je ne vais pas le faire maintenant », a-t-il déclaré.

Son avocat, Me Roberto Pereira, a demandé lors de son plaidoyer de rejeter de la procédure, parce qu’elle «souffre d’un manque de caractérisation des faits ».

Du côté de certains parlementaires, à l’instar de la conservatrice Maria Teresa Céspedes, la révocation se justifiait car « le président a menti à la population ».

Selon un sondage rendu public mardi, 80% des Péruviens pensaient que le M. Vizcarra, 57 ans, devait rester au pouvoir. Le soutien dont il jouit s’explique notamment par son intransigeance à l’égard du Parlement, à l’inverse de ses prédécesseurs, et par sa croisade anti-corruption.

Le Pérou a connu une forte instabilité politique au cours des dernières années, les quatre derniers présidents ayant eu maille à partir avec la justice.

Cette crise politique a été accentuée par la situation sanitaire du pays, l’un des plus durement touchés au monde par la pandémie du nouveau coronavirus, avec plus de 750.000 personnes infectées et plus de 31.000 décès, pour une population de 33 millions d’habitants, selon des chiffres officiels.

Pour l’opinion publique la situation économique et sanitaire du pays devraient être la priorité. Créer la polémique autour d’un contrat d’un chanteur n’apportera rien de bon au pays.

Pendant que le Congrès débattait de son avenir, M. Vizcarra s’est rendu dans la ville de Trujillo, dans le nord du pays, où il a appelé les parlementaires à « travailler ensemble pour le peuple, pour les jeunes qui exigent des politiciens qu’ils arrêtent de se battre et que le Pérou passe avant tout ».

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