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Nationale

Pénurie de sang dans les hôpitaux

Pénurie de sang dans les hôpitaux

Les hôpitaux algériens manquent de sang. Les opérations de dons de sang connaissent une baisse drastique et les stocks sont au plus bas, depuis le début de la crise sanitaire, provoquée par la propagation du nouveau coronavirus dans le pays.

Les trois fauteuils de don de sang du Centre de transfusion sanguine (CTS) de l’hôpital de Douera sont vides, les donneurs de sang se font rares. Les donneurs boudent les hopitaux de peur de contracter le virus. 

En quatre jours, seuls huit donneurs se sont présentés pour faire don de leur sang pour des proches.
Un service qui reçoit en temps normale entre quatre et sept donneurs en moyenne quotidiennement, avant la propagation de la Covid-19 en Algérie, a déclaré au Jeune Indépendant, Dr Boukena, médecin du CTS de Douera.

« Les donneurs se font plus rares, même les plus habitués hésitent. Les gens ne viennent plus à l’hôpital de crainte d’être contaminés », a affirmé la praticienne, expliquant que ce besoin vital de sang s’est accentué avec la crise sanitaire du Covid-19, en raison des craintes des potentiels donneurs à se déplacer dans les centres de transfusion.

Le manque de poches de sang a mis à rude épreuve les médecins de l’hôpital, d’autant qu’en dehors de la pandémie de Covid-19, l’ensemble des autres services du CHU fonctionne, soit 13 services, en plus du service des Urgences.

« Il y a des services où les risques hémorragiques sont élevés, tel est le cas du service de gynécologie et de la chirurgie notamment », a précisé Dr Boukena.

« Notre recherche désespérée nous pousse à contacter directement les personnes ayant déjà effectué des dons de sang pour le CTS, afin de les solliciter et les sensibiliser sur l’urgence et la gravité de la situation », a-t-elle poursuivi, avertissant que « nul n’est à l’abri ».

Quant au risque de la contamination par la Covid-19 au sein du CTS, la spécialiste a rassuré les potentiels donneurs que toutes les mesures préventives sont rigoureusement respectées, notamment la distribution de masques, la fourniture de gel hydroalcoolique et la désinfection automatique des lieux et du matériel médical utilisé, tel que le stéthoscope, le tensiomètre et le thermomètre, afin de protéger les donneurs de sang et le personnel médical.

« Il est vrai que beaucoup de gens maintenant ont peur de venir à l’hôpital à cause de la Covid-19, mais toutes les mesures sont prises pour les protéger », a-t-elle assuré.

Yacine, rencontré dans les Urgences de l’hôpital de Douera, téléphone à la main, essaye de contacter proches et amis pour venir en aide à son collègue, victime d’un accident de travail dans un chantier de construction. Il a besoin de donneurs de sang pour son opération chirurgicale prévue dans la journée.

« J’ai passé une quinzaine d’appels, mais personne ne veut venir à l’hôpital, mon collègue doit faire cette opération dans deux heures et je n’ai trouvé personne pour faire un don de sang », a-t-il déploré.

Au début de la pandémie, des opérations de collecte de sang ont été organisées dans des lieux publics en vue de pallier au manque considérable, dont pâtisse l’établissement hospitalier, mais la participation était très faible.

La propagation du nouveau coronavirus a, rendu très difficile les différentes campagnes de collecte de sang, comme cela se faisait par le passé.

L’une des conséquences dramatiques de la pandémie est la baisse considérable des stocks, au plus bas niveau depuis des années, de la banque de sang au niveau national. La banque de sang recensait avant la Covid-19 une moyenne de 600 000 donneurs par an.

Des médecins, des malades et des associations spécialisées lancent au quotidien, via les médias et les réseaux sociaux, des appels de détresse aux citoyens âgés entre 18 et 65 ans et qui sont en bonne santé, à se mobiliser pour venir en aide aux malades qui souffrent, en silence, dans l’attente d’une transfusion sanguine salvatrice.

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