Pénurie de médicaments : Ultimatum ferme aux opérateurs
Face aux perturbations persistantes dans la disponibilité de certains médicaments, le ministère de l’Industrie pharmaceutique hausse le ton, il somme les établissements pharmaceutiques de libérer leurs stocks dans des délais stricts, allant de 48 heures à cinq jours au maximum. C’est ce qu’a indiqué un communiqué du ministère.
Cette décision intervient à la suite d’enquêtes menées par les services compétents, lesquelles ont mis en évidence une situation préoccupante : plusieurs produits signalés comme rares, voire introuvables dans les pharmacies privées, seraient en réalité disponibles au niveau des stocks détenus par des opérateurs d’importation, de fabrication ou de distribution en gros.
Le ministère ne cache pas son inquiétude face à ce qu’il considère comme des dysfonctionnements graves dans la chaîne d’approvisionnement. Les informations recueillies récemment par les membres du dispositif de veille et de contrôle ont confirmé l’existence de ces anomalies, alimentant les tensions sur le marché national du médicament.
Dans ce contexte, les autorités ont donné l’instruction aux établissements concernés de procéder sans délai à la mise sur le marché des produits en situation de pénurie, conformément à la réglementation en vigueur. L’objectif est de rétablir l’approvisionnement des pharmacies sur l’ensemble du territoire national et de garantir aux citoyens un accès normal aux traitements.
Le communiqué ne laisse aucune place à l’ambiguïté. Le ministère met en garde contre toute tentative de maintien artificiel de la pénurie et évoque des sanctions pouvant aller jusqu’au retrait de l’agrément pour les contrevenants.
Par ailleurs, les pratiques jugées illégales, telles que la spéculation, la rétention de stocks ou encore la vente conditionnée, sont explicitement pointées du doigt. Elles feront l’objet de poursuites conformément à la législation en vigueur.
Pour assurer l’application effective de ces mesures, des opérations d’inspection seront menées par les services compétents. Le ministère entend ainsi veiller à une exécution stricte de ses directives et restaurer la transparence dans le circuit de distribution des médicaments.
Dans le même élan, le ministère de l’Industrie pharmaceutique a annoncé une nouvelle mesure visant à soutenir la compétitivité du secteur. Il a décidé de supprimer l’exigence de présentation du certificat de régulation pharmaceutique dans les dossiers de domiciliation bancaire liés à l’importation des matières premières pharmaceutiques.
Selon une instruction adressée aux établissements de fabrication, cette décision s’inscrit dans une démarche de simplification des procédures administratives et d’octroi d’une plus grande flexibilité aux opérateurs, tout en maintenant l’efficacité des mécanismes de contrôle et la régulation du marché conformément au cadre légal en vigueur.
Cette mesure s’insère également dans un processus plus large de révision et d’actualisation des dispositifs d’encadrement et de suivi des opérations d’importation, notamment celles relatives aux matières premières pharmaceutiques. Le ministère a ainsi appelé les entreprises concernées à se conformer strictement à cette instruction et à l’appliquer dès sa date d’entrée en vigueur.
À travers cet ensemble de décisions, les pouvoirs publics visent à mettre fin aux tensions sur le marché du médicament et renforcer, en même temps, les capacités de production nationale dans un contexte international marqué par de profondes mutations.