Pénurie de médicaments : Des associations dénoncent la confusion   – Le Jeune Indépendant
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Pénurie de médicaments : Des associations dénoncent la confusion  

Pénurie de médicaments : Des associations dénoncent la confusion  

Le ministre de l’industrie pharmaceutique Ali Aoun a démenti les informations faisant état de « pénurie de médicaments », notamment les anticancéreux, les qualifiant de « diffamatoires» et menaçant de «saisir la justice».

Ces déclarations ont été contestées par le syndicat le syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu) et douze associations d’aide aux malades.

Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, qui a démenti l’existence d’une «pénurie de médicaments» en Algérie, a expliqué qu’il s’agit uniquement de « tension », suite aux perturbations que connaît le marché mondial.

Aoun a estimé qu’il y a eu un « affolement injustifié », notamment au niveau de certains services d’oncologie, assurant que « sur une gamme de 121 produits anticancéreux qu’importe la Pharmacie centrale des hôpitaux (PCH), il n ‘ y a que cinq ou six produits qui sont sous tension».

Il faut que « ceux qui disent que nos enfants sont en train de mourir à cause de pénurie de produits pharmaceutiques prennent leurs responsabilités », annonçant dans la foulée l’ouverture d’une enquête contre tous les propos considérés comme «diffamatoires».

Pointant du doigt, le Centre Pierre et Marie Curie (CPMC) d’Alger, spécialisé en oncologie, le premier responsable du secteur a expliqué qu’une enquête menée conjointement avec le ministère de la santé, a démontré que tous les produits faisant état de rupture de stock, selon une responsable étaient disponibles. « Je ne permettrai plus ce type de déclarations. C’est la justice qui tranchera » a-t-il assuré.

 Le Snechu et des associations d’aide aux malades s’indignent

Le Snechu dénonce dans un communiqué le manque de produits nécessaires aux traitements des malades atteints de cancers, précisant que le constat fait par Ali Aoun est « fermement contesté » par le syndicat.

Ce dernier a jugé « inacceptables et choquantes » les déclarations d’Ali Aoun, évoquant la visite de ce dernier dans la wilaya de Tizi Ouzou où il est revenu sur les actions en justice qui seront menées, suite aux déclarations du Snechu qu’il a qualifié de « diffamatoires ».

« Le Snechu ne peut rester indifférent à des telles déclarations touchant la dignité et le statut de professeur chef de service algérien, et même si monsieur le ministre trouve que ces déclarations sont diffamatoires, il y a la justice algérienne qui tranchera sur ce sujet dans les deux sens », souligne le syndicat dans son communiqué.

Le Snechu dénonce également le fait que les chefs de services soient menacés de représailles et de poursuites en justice « pour la simple raison qu’ils ont fait un état des lieux du terrain sur la pénurie de certaines molécules vitales et primordiales pour la prise en charge des patients», conclut le communiqué.

Dans une lettre adressée au ministre de l’industrie pharmaceutique, publiée par la presse, douze associations d’aide aux malades ont affirmé que M. Aoun « a tenté de minimiser la pénurie des médicaments sur le marché national », tout en exprimant leur colère quant aux déclarations « rassurantes du ministre sur la disponibilité des médicaments » sur le marché local.

« Nous, associations d’aide aux patients atteints de cancer, venons, par cette lettre, déclarer notre profond effroi et désarroi. En effet, nous venons d’écouter vos déclarations dans lesquelles vos démentez tout ce que nous vivons douloureusement tous les jours et dans tous les centres de soins où il ne se trouve presque rien pour soigner les patients, que les médecins renvoient chez eux car n’ayant aucune solution à leur offrir, ou, comme un placebo, leur donnent une ordonnance sur laquelle est prescrit un médicament qu’ils savent en rupture, qu’ils savent qu’il ne va trouver nulle part car n’étant disponible ni dans le public ni dans le privé, ni dans le marché blanc ni dans le marché noir » , ajoute le communiqué des 12 associations.

Poursuivant dans le même sillage, les associations ont indiqué qu’elles sont  »plus qu’atterrés de vous entendre dire que les patients qui souffrent faute d’indisponibilité de traitement et de médicaments depuis des mois, que les centres de soins qui n’arrivent plus à faire face à la détresse des malades , sous-entendant que nous tous, associations, professeurs, patients et parents de patients, sommes tous des menteurs et des fabulateurs et que nous voulons « faire peur ».

Le communiqué avait souligné que « le ministre s’est engagé à résoudre ce problème. Une promesse non tenue jusqu’à ce jour », expliquant que « les professeurs et les chefs de services partent dans les wilayas où des dizaines et des centaines de patients, recherchant un espoir et une porte qui s’ouvrirait car celles des soins sont fermées à cause des médicaments non disponible ».

Un Constat inquiétant

Il convient de rappeler que Messaoud Belambri, président du Syndicat national des pharmaciens d’officine avait déclaré au Jeune Indépendant que cinquante médicaments sont introuvables dans les officines, expliquant que cette situation de tension est liée aux textes juridiques, incompatibles avec le marché des médicaments. Il a exprimé son regret de voir le marché algérien de médicaments toujours non réglementé, et ce malgré les efforts juridiques, les inspections, les contrôles et les notifications effectués. Dans le même contexte, le SNAPO avait regretté l’existence de ruptures de stock « assez récurrentes » au niveau des hôpitaux pour certaines pathologies, notamment les cancers. « Nous espérons que des mesures seront prises rapidement et dans l’urgence, car au niveau des hôpitaux, ce sont toujours des services spécialisés pour des malades qui souffrent et qui nécessitent le plus souvent des traitements spécifiques » avait-t-il souligné.

Il y a deux ans, l’Algérie avait fait, encore une fois, face à une grave pénurie de médicaments à en croire les professionnels du secteur de la pharmacie. L’indisponibilité d’un nombre important de médicaments, constatée aussi bien par les pharmaciens que par les patients, avait été confirmée par le porte-parole du Syndicat national des pharmaciens d’officine (SNAPO), Samir Ouali, qui avait souligné l’ampleur de cette pénurie, laquelle touche également des médicaments produits localement.

Selon le SNAPO, la pénurie concerne plusieurs médicaments prescrits dans le traitement du diabète, des allergies, de l’asthme, de l’hypertension artérielle, ainsi que certains médicaments destinés aux cancéreux. Le porte-parole du SNAPO est allé jusqu’à parler de « crise majeure », en soulignant la disparition de la matière première utilisée dans la fabrication de plusieurs médicaments, notamment par le laboratoire public Saidal.

« La situation de crise que vit le secteur du médicament met en danger la vie de millions de malades chroniques. Plusieurs raisons sont à l’origine de cette pénurie de médicaments. Ce problème se pose notamment depuis le transfert des prérogatives du ministère de la Santé au nouveau ministère de l’Industrie pharmaceutique. Le programme a été annulé et nous ignorons encore son sort », a affirmé le SNAPO.

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