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Culture

Pensée à Athmane Bali

Pensée à Athmane Bali

Dix ans après sa disparition, un vibrant hommage musical lui est rendu, dans la soirée de ce jeudi 1er janvier, à Tamanrasset. Lui, c’est le regretté Othman Bali, un monument de la chanson targuie, que des musiciens du Tassili et de l’Ahaggar ont chanté pour perpétuer encore son héritage musical.

Les artistes ont apporté des touches de modernité propres à chacun d’eux en rendant hommage à Athmane Bali. Organisée par la cinquième édition du Festival international d’Abalessa Tin Hinan pour les arts de l’Ahaggar (Fiataa), cette soirée a été le premier hommage rendu à celui qui a porté la musique targuie à l’universalité pour l’année de la dixième commémoration de sa disparition, devant un public nombreux.

La troupe Tinissa de Tamanrasset menée par le luthiste Rezkaoui a repris et enrichi la musique de Othmane Bali en y introduisant un violon, accompagnant le luth, une guitare basse et des karkabou. Tout en sauvegardant le style Bali, le groupe Tinissi propose au public de revisiter la poésie de la musique targuie traditionnelle, habillée d’une mélodie portée par la maîtrise du luth et rythmée par des percussions particulièrement puissantes.

Elève du musicien disparu, Miloud Choughli, luthiste de la ville de Djanet dans la wilaya d’Illizi a, quant à lui, repris les grands succès de Othmane Bali, qu’il a accompagné sur scène pendant plusieurs années avant de créer son propre groupe, en enrichissant la section rythmique avec un cajon. Le musicien a indiqué avoir appris auprès de son mentor à « enrichir les musiques traditionnelles targuies sans jamais en toucher l’âme et l’authenticité » tout en regrettant que beaucoup de jeunes « délaissent aujourd’hui ce style ainsi que l’apprentissage du luth ».

Nabil Bali, fils du défunt, est aussi monté sur scène avec sa formation contemporaine composée de batterie, guitares et guitare basse qui a proposé un programme folk aux sonorités proches de la chanson targuie moderne.

Jouant également du luth avec la troupe traditionnelle de son père, Nabil Bali a confié que Othmane Bali lui avait « imposé de trouver sa propre voie musicale » et qu’il lui avait laissé « plus de 250 compositions et poèmes » qu’il exploitera petit à petit dans ses prochains albums qu’il compte enregistrer prochainement à Djanet.

Auteur, compositeur et interprète né en 1953 à Djanet, Mbarek Othmani, de son vrai nom, était l’initiateur d’un mouvement musical introduisant le luth sur des musiques traditionnelles et des poèmes appris auprès de sa mère, grande chanteuse de tindé, avec lequel il a fait le tour du monde avant de s’éteindre en juin 2005 lors d’une crue dans sa ville natale.

Inauguré mardi, le 5e Fiataa se poursuit jusqu’au 4 janvier à Tidessi, Abalessa et In Salah à Tamanrasset avec encore au programme des spectacles de groupes comme Toumast du Niger, Sahel Khoumaissa de Mauritanie ou encore Tidalit du Mali.

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