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Pékin promet d’investir 60 milliards de dollars

Pékin promet d’investir  60 milliards de dollars

Le président chinois, Xi Jinping, a annoncé hier lors du Forum de coopération Chine-Afrique que son pays allait investir 60 milliards de dollars dans le développement du continent africain.

Xi Jinping, qui co-préside le forum avec l’Afrique du Sud, a détaillé devant plusieurs de ses homologues africains un projet de développement du continent en dix points, tout en précisant que Pékin souhaitait que la relation se fonde sur l’égalité.

« Afin d’assurer le succès de la mise en œuvre de ces dix plans de coopération, la Chine a décidé de fournir un total de 60 milliards de dollars pour financer ce soutien », a dit le chef de l’Etat chinois.
Malgré un ralentissement de l’économie chinoise, Xi a précisé que son pays allait accentuer ses investissements dans les industries manufacturières africaines tournées vers l’exportation et aider à la construction de routes, de ports et de liaisons ferroviaires.

« La Chine va mettre en œuvre ces dix plans de coopération au cours des trois prochaines années », a-t-il poursuivi. « Ces plans sont destinés à régler trois problèmes qui retardent le développement de l’Afrique, des infrastructures inadaptées, le manque de personnel professionnel et qualifié et le manque de financement ». La Chine considère l’Afrique comme une source essentielle de matières premières.

La dette des pays les moins développés arrivant à maturité en fin d’année sera annulée par le biais de prêts à taux zéro, a promis Xi.

Une coopération accrue sera également mise en œuvre avec les pays africains afin de combattre le terrorisme mais sans que Pékin s’ingère dans les choix politiques des pays du continent.

De nombreux pays africains voient dans ces investissements chinois un moyen de compenser l’influence des pays occidentaux. Ces derniers accusent les Chinois d’ignorer au nom des relations commerciales les conflits et les violations des droits commises en Afrique.

Partie d’une présence assez modeste en 2000, la Chine s’est imposée, dès 2009, comme le premier partenaire commercial de l’Afrique. En mai 2014, le premier ministre chinois, Li Keqiang, s’est fixé pour objectif un doublement des échanges commerciaux à 400 milliards de dollars d’ici à 2020.

La Chine importe du pétrole et des minerais des pays producteurs (Angola, Zambie, Afrique du Sud, etc.) et elle exporte ses textiles, ses téléphones ou ses voitures… En 2013, elle est devenue le quatrième investisseur en terre africaine derrière la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni, et le premier investisseur émergent, loin devant l’Inde, selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement.

« Vue de Pékin, analyse Jean-François Di Meglio, président d’Asia Centre, la coopération sino-africaine répond à un triple objectif de la Chine : assurer un accès aux matières premières pour son industrie lourde, offrir des perspectives de développement aux entreprises chinoises, asseoir son influence et gagner de nouveaux alliés ».

Les Chinois présentent volontiers leurs échanges avec l’Afrique comme un jeu gagnant-gagnant. Mais de l’avis de Jean-Raphaël Chaponnière, spécialiste de la Chine-Afrique, ils ont été essentiellement bénéfiques aux pays africains exportateurs de pétrole et de produits miniers qui ont bénéficié de la hausse des cours et diversifié leurs débouchés. « Dans les années à venir, ils pourraient l’être pour d’autres pays (tels que les exportateurs de café et de cacao) qui bénéficieront de l’évolution des goûts de la classe moyenne chinoise », précise ce chercheur à Asia Centre

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