Peine de mort pour les prisonniers palestiniens : Jil Jadid condamne
Suite à l’adoption par la Knesset israélienne d’une loi autorisant la peine de mort pour les prisonniers palestiniens, le premier secrétaire du parti Jil Jadid, Khalil Benabid, a déclaré que cette décision constitue une escalade grave et un manquement au droit international. Selon lui, cette loi intervient alors que la mosquée El-Aqsa reste fermée aux fidèles depuis plus d’un mois, ce qu’il considère comme une intensification des violations israéliennes contre certains sites religieux à El-Qods occupé.
Dans sa tribune rendue publique ce vendredi, Khalil Benabid a affirmé que la loi présente des caractéristiques particulièrement inquiétantes. Elle cible uniquement les Palestiniens, ce qui en fait, à ses yeux, une mesure à caractère discriminatoire et raciste. Les tribunaux militaires israéliens, a-t-il expliqué, pourront prononcer la peine de mort sans demande du ministère public, sur simple majorité de juges, et les exécutants resteront anonymes et protégés par l’immunité légale.
Selon le responsable de Jil Jadid, en dépit de l’adoption de la loi, « son application immédiate pourrait être reportée de plusieurs mois, voire une année », la Cour suprême israélienne ayant demandé au gouvernement de répondre à un recours déposé par Adalah, une organisation israélienne de défense des droits humains spécialisée dans la protection des droits des Palestiniens vivant en Israël et dans les territoires occupés. « Le directeur du centre juridique Adalah a déclaré que cette loi est « la seule au monde qui distingue les accusés sur la base de leur origine ethnique » », a-t-il rapporté.
Selon ses déclarations, cette loi, proposée par le ministre sioniste Itamar Ben-Gvir, annule pratiquement les dernières exceptions qui empêchaient l’exécution de la peine de mort. Selon lui, la peine capitale avait été abolie en Israël en 1954, à l’exception des cas de trahison et de crimes de guerre, et n’avait été appliquée qu’une seule fois, en 1962, contre le nazi Adolf Eichmann.
La tribune a braqué les projecteurs sur la condamnation internationale suscitée par cette loi. Plusieurs pays arabes et musulmans ont dénoncé cette décision, la qualifiant d’escalade et d’atteinte au principe d’égalité. La Ligue arabe a qualifié la mesure de « discrimination flagrante et violation des règles de justice », tandis que le Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU a rappelé que la peine de mort contre une population spécifique viole les engagements d’Israël au regard du droit international et menace le respect du procès équitable.
Sur le plan palestinien, Khalil Benabid a indiqué que l’Autorité palestinienne (AP) considère la loi comme un crime de guerre et une violation du droit international humanitaire (Genève). Il a, en outre, rapporté que Fatah a dénoncé la légalisation de politiques de meurtre et de torture contre les prisonniers, et que Hamas a appelé la communauté internationale à intervenir immédiatement pour stopper cette « campagne criminelle croissante » et a affirmé que la loi reflète « la nature sanguinaire de l’occupation ».
Il a ajouté que le Conseil suprême de la fatwa a également averti que la loi offre « un couvert légal pour l’extermination des prisonniers et la commission de crimes inhumains ». « Les territoires palestiniens ont connu une grève générale en Cisjordanie et à El-Qods pour dénoncer la loi et soutenir les prisonniers, accompagnée de manifestations de solidarité dans plusieurs pays arabes, notamment en Syrie », a-t-il poursuivi.
A son rappel, de nombreuses institutions juridiques et de défense des droits humains ont demandé qu’Israël soit tenu responsable, en mobilisant les mécanismes de reddition de comptes de la Cour pénale internationale, ajoutant que l’Initiative nationale palestinienne a réclamé l’ouverture d’une enquête urgente sur cette loi et a appelé au boycott du régime israélien ainsi qu’à l’imposition de sanctions dissuasives.
Selon lui, la loi sur la peine de mort des prisonniers ainsi que la fermeture continue de la mosquée El-Aqsa et d’autres sanctuaires chrétiens constituent une violation du droit international et une escalade des politiques racistes de l’occupation. Jil Jadid dénonce ces mesures comme faisant partie « des efforts de judaïsation d’El-Qods » et appelle la communauté internationale à agir pour protéger les prisonniers, les lieux saints et la dignité des Palestiniens.