Patrimoine culturel: Alger et Washington renforcent leur coopération
L’Algérie et les États-Unis ont réaffirmé, mercredi à Alger, leur volonté de renforcer leur coopération dans le domaine de la protection du patrimoine culturel, à l’occasion d’une rencontre réunissant experts, chercheurs, responsables institutionnels et représentants des forces de sécurité des deux pays.
Organisée au Palais de la Culture Moufdi-Zakaria par l’ambassade des États-Unis à Alger, cette « Journée d’étude sur la coopération algéro-américaine en matière de protection et de préservation du patrimoine culturel » s’inscrit dans le prolongement du renouvellement, en 2024, du mémorandum d’entente bilatéral relatif à la protection des biens culturels. Un accord destiné à consolider les mécanismes de lutte contre le trafic illicite des antiquités et à encourager les initiatives de conservation du patrimoine historique algérien.
Pour cette occasion, une délégation américaine composée de spécialistes issus d’institutions de référence, parmi lesquelles le Smithsonian Institution, le Rochester Institute of Technology, le Council on Library and Information Resources ou encore l’Archaeological Institute of America, a effectué une visite de plusieurs jours en Algérie afin d’échanger avec leurs homologues algériens sur les enjeux liés à la préservation du patrimoine matériel.
Les discussions ont porté sur des questions devenues centrales dans les politiques culturelles contemporaines, à savoir la numérisation des archives, les collections, la sécurisation des sites archéologiques, la conservation préventive ou encore la circulation illicite des biens culturels. La coopération scientifique et technique a également occupé une place importante dans les échanges, notamment autour du partage d’expertise et du développement des capacités institutionnelles.
« Aujourd’hui marque une étape importante dans nos relations bilatérales », a déclaré le chargé d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Alger, Mark Schapiro. « Le renouvellement de ce mémorandum témoigne de notre engagement commun à préserver le riche héritage culturel de l’Algérie pour les générations futures », a-t-il ajouté.
Or la dimension patrimoniale, la rencontre a mis en évidence les implications géopolitiques du trafic d’antiquités. Plusieurs intervenants ont rappelé que le commerce illicite des objets archéologiques constitue une source de financement pour des réseaux criminels transnationaux et certaines organisations terroristes opérant dans la région sahélo-saharienne.
Dans ce contexte, les responsables américains ont salué le rôle de l’Algérie dans les dispositifs régionaux de lutte contre le crime organisé et le terrorisme. « Ensemble, nous pouvons renforcer les mécanismes qui protègent à la fois nos trésors culturels et notre sécurité collective », a souligné M. Schapiro.
En marge de la conférence, la délégation américaine a visité plusieurs institutions culturelles et scientifiques du pays, parmi lesquelles le Musée national du Bardo, le Centre national de recherche en archéologie, les ruines romaines de Tipaza, le Musée archéologique de Cherchell ou encore la Bibliothèque nationale d’Algérie. Ces visites ont permis d’explorer de nouvelles perspectives de coopération dans les domaines de la conservation, de la restauration et de la numérisation du patrimoine.
Cette initiative s’inscrit dans une coopération déjà engagée entre Alger et Washington autour de plusieurs projets patrimoniaux, notamment les efforts de préservation du mausolée d’Imedghassen, la création de la plateforme anti-pillage « Turathi » et l’installation du premier laboratoire de numérisation au Musée du Bardo.