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Nationale

Pas d’indemnisation sans investigations

Pas d’indemnisation sans investigations

Il aura fallu plusieurs jours après cette vague d’incendies ravageurs qui ont touché des massifs forestiers, et des dégâts importants pour que les autorités daignent enfin communiquer sur ces fléaux. Plusieurs wilayas ont connu des jours difficiles, favorisés par une météo implacable et caniculaire. Partout, c’est des scènes de désolation, des ruines et une atmosphère sinistre.

Dans certaines régions isolées ou enclavées, il n’y a plus de hameaux ou de granges. Des paysans pauvres ont perdu leurs étables ou leur bétail, mais aussi leurs cultures parties en fumée.

D’ailleurs, certains n’ont pas cessé de s’interroger, comme ils le font à chaque saison estivale, sur cette vague d’incendies, allant jusqu’à accuser des « mains pyromanes « ou des « mafias locales « poussées par leurs intérêts et des calculs mercantilistes des plus étroits.

La piste criminelle derrière ces feux était des plus envisageables. Voilà que les autorités viennent de la confirmer en partie. Avant-hier, lors d’une visite à El Tarf, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Nourredine Bedoui, a révélé que les services de sécurité ont arrêté plusieurs personnes.

Selon ses propres déclarations, « certains ont tenté d’endommager les ressources forestières à des fins personnelles « et les « responsables de ces incendies seront traduits en justice « . Bien sûr, on ne connaît ni le nombre de ces malfaiteurs, ni s’ils ont agi en groupe organisé ou individuellement ni que leurs vrais mobiles. Le facteur humain est donc derrière ces fléaux, bien plus que la canicule ou les vents « favorables « .

C’est sans doute en prenant en considération ces éléments que Bedoui dira encore qu’ »il n’y aura pas d’indemnisation concernant les pertes occasionnées par les récents feux de forêt avant de procéder à des investigations, afin que « les indemnités soient versées aux véritables victimes ».

Autrement dit, il y a eu des incendies volontaires déclenchés par certains « paysans ou habitants « , qui ont vite fait de s’engouffrer dans la brèche ouverte par le gouvernement quand il décida d’indemniser les victimes des premiers incendies.

D’ailleurs, tout le monde aura remarqué que depuis cette annonce, le pris de l’ampleur et la Protection civile annonça des feux un peu partout. C’était la deuxième « grande vague « . D’où des douter et des interrogations.

Si les victimes ont salué le geste louable des autorités publiques annonçant leur indemnisation suite aux pertes occasionnées par ces incendies, avec la possibilité de reprendre leurs activités, il y a lieu de s’interroger sur les importants dégâts qui ont touché le massif forestier de notre pays.

Des wilayas qui avaient un énorme potentiel dans le secteur des ressources forestières comme Bejaia, Bouira, Jijel Skikda ou El Tarf, viennent de faire un constat accablant avec la disparition de plusieurs milliers d’hectares d’arbres de toutes sortes et des variétés d’herbes, ainsi que d’une flore et d’une faune irremplaçables en peu de temps.

<Bien plus que le renforcement des moyens de lutte octroyés aux unités de la Protection civile (les fameux Canadairs qu’on n’a pas !)il serait temps et judicieux que les pouvoirs publics se penchent sur le cadre et la forme dans l’exploitation de ces ressources forestières, la révision de la législation, des leviers et d’autres mécanismes de protection, d’entretien, de soutien et d’aide aux vrais investisseurs dans les produits de ce secteur. C’est la meilleure manière de défendre ce patrimoine, d’éliminer les potentiels futurs pyromanes.

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