Pas de pain mercredi et jeudi à Constantine
Les Constantinoises devront se remettre provisoirement mercredi et jeudi au tajine. La corporation locale des boulangers réunis au sein de la fédération des boulangers de la wilaya de Constantine (Fbc) a appelé ses adhérents à ne pas chauffer leurs fours, les 20 et 21 octobre en signe de protestation contre le refus du département de Kamel Rezzig d’adhérer à leur revendication de revoir à la hausse de 50% le prix de l’unité, soit 15 DA la baguette fabriquée avec de la farine ordinaire dénommé « pain normal ».
Les boulangers constantinois à l’instar de leur confrères à travers le pays ne décolèrent donc pas et maintiennent la pression sur la tutelle en décidant de s’abstenir de préparer leurs fournées pendant deux jours comme première mesure, avant, menacent-ils, de passer à un débrayage autrement plus long.
Le représentant de la fédération des « professionnels du pain » de la capitale de l’Est, Bennacer Azzeddine, n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour afficher sa déception après sa mission algéroise. Dans un rapport présenté devant les représentants locaux de l’Union générale des Commerçants et artisans algériens (Ugcaa) ainsi qu’à ses pairs adhérents au sein de l’organisation des boulangers, Bennacer a révélé que sa mission au département du Commerce n’a pas eu les résultats escomptés. Reçu par le secrétaire général du ministère de Kamel Rezzig, l’émissaire aurait eu gain de cause sur la quasi-totalité des revendications soulevées au responsable sauf celle relative à l’augmentation à 15 DA du prix de la baguette de pain « car, lui aurait-il dit, la décision ne relève pas seulement du département du Commerce mais d’autres institutions de l’Etat », a précisé le coordinateur de la fédération.
Le coordinateur du bureau constantinois de l’Ugcaa, bien qu’il ait fait part de son désaccord qu’un débrayage soit ainsi décidé, précise que la « fédération des boulangers bien qu’elle soit chapeautée et active sous l’égide de l’organisation nationale des commerçants et artisans, n’en est pas moins indépendante dans ses décisions, ajoutant que de toutes les façons les revendications des boulangers sont tout à fait légitimes ».
Pour lui, les boulangers lancent un cri de survie. « A ce rythme, on sera purement et simplement contraints de cesser notre activité et de changer de métier » crient-ils.