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Pas de forces étrangères dans la mer Caspienne

Pas de forces étrangères dans la mer Caspienne

Les cinq pays riverains de la mer Caspienne (Russie, Iran, Kazakhstan, Azerbaïdjan, Turkménistan) se sont accordés sur l’inadmissibilité de la présence dans la région de troupes de puissances non régionales, a annoncé vendredi Iouri Ouchakov, assistant du président russe Vladimir Poutine. 

« Le document politique préparé pour le sommet (de la Caspienne) comporte une clause stipulant l’inadmissibilité de la présence dans la région des forces armées des puissances non régionales. Les parties ont fini par s’entendre sur ce principe à l’issue de consultations ardues », a déclaré M.Ouchakov. Le 4e sommet de la mer Caspienne est programmé à Astrakhan (sud de la Russie) pour lundi 29 septembre. C’est la première fois que la Russie accueillera un tel sommet. Un projet de convention sur le statut juridique de la mer Caspienne a été préparé en avril 2014 pour une réunion ministérielle qui devait se tenir le 22 du même mois.

Moscou avait réussi à persuader ses partenaires qu’aucune puissance extérieure à la région ne devait affecter les décisions portant sur la mer Caspienne. Il pourrait, entre autres, s’agir des restrictions sur le déploiement en mer Caspienne de forces militaires des pays tiers, notamment des Etats-Unis. Toutefois, des changements ont été apportés jusqu’au dernier moment à ce document, dont la rédaction se poursuit depuis des années. Jusqu’au bout a persisté le problème de la libre navigation : l’Azerbaïdjan s’y oppose et a fixé son droit à une partie de la mer Caspienne dans sa Constitution, ainsi que de la délimitation de la zone nationale de 25 miles dans les eaux territoriales et la zone adjacente. Les négociations sur le statut de la mer Caspienne ont commencé après 1992.

Depuis, des accords séparés sur la règlementation des frontières ont été signés entre le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan et la Russie. Cependant, des différends demeurent entre les Etats caspiens en raison des divergences sur les questions de délimitation des eaux, des ressources et du plateau. La Russie prône la séparation des réserves et du plateau en maintenant l’exploitation commune des eaux caspiennes, alors que l’Iran souhaite partager le plateau et les eaux en parts égales. Les négociations compliquent les perspectives d’exploitation du pétrole et du gaz sur le plateau, ainsi que les problèmes d’accès aux ressources biologiques et l’installation d’un gazoduc sous la mer. La question centrale est de savoir si Moscou parviendra à empêcher la construction d’un gazoduc transcaspien entre le Turkménistan et l’Azerbaïdjan, qui contournerait la Russie.

« Si les ministres convenaient d’un accord et que les trois autres pays – l’Iran, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan – partageaient le fond caspien, les litiges territoriaux seraient réglés, notamment autour du gisement pétrolier Serdar-Kapaz entre l’Azerbaïdjan et le Turkménistan », a rappelé Mikhaïl Kroutikhine de RusEnergy. Le statut indéterminé de la mer Caspienne faisait partie des principaux arguments de Moscou contre la construction d’un gazoduc pour rejoindre l’Europe via le Turkménistan, l’Azerbaïdjan et la Géorgie jusqu’à la frontière turque. « Bien que la Russie, le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan aient leurs propres gazoducs et oléoducs sous la mer et que cette interdiction soit infondée, Moscou cherchait à inscrire dans la convention la nécessité de s’accorder au préalable sur la construction de l’infrastructure et l’exploitation des ressources en mer Caspienne », conclut l’expert.

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