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Culture

Parole aux cinéastes

Parole aux cinéastes

Amoureux du 7e art et porteurs de projets ambitieux, de jeunes cinéastes algériens, soucieux de voir leurs créations pénétrer les marchés internationaux du cinéma et les réseaux de distribution, déplorent le manque de visibilité de leurs produits, dans le contexte de l’exposition algérienne au 68e Festival de Cannes dont la clôture aura lieu, aujourd’hui, dimanche 24 mai.

« Un film est fait pour être vu, d’où la nécessité d’une bonne distribution », note Sabrina Draoui, réalisatrice, de plusieurs travaux télévisuels et du court métrage Goulili (2008), primé dans différentes rencontres cinématographiques nationales et internationales.

L’insuffisance des subventions allouées par les pouvoirs publics aux projets retenus dans le cadre de l’aide à la création est également évoquée par les différents cinéastes et producteurs rencontrés par l’Agence presse service d’Algérie.

Pour Sami Tigharghar, producteur et comédien qui a autofinancé en 2013 le documentaire Qalâa Ait-Abbas, « le financement actuel des longs métrages doit être revu à la hausse pour permettre un travail de qualité, aux normes techniques internationales ».

La postproduction, ou l’ensemble des techniques de finalisation d’un produit filmique demeure parmi les « préoccupations majeures des cinéastes algériens », estime Karim Moussaoui, réalisateur du court métrage Les jours d’avant (2014), primé à différents évènements cinématographiques.

De son côté, le réalisateur Kamel Iaïche du court métrage Papillon (2015), présent dans le pavillon algérien à Cannes, a déploré le manque de visibilité des productions algériennes à l’instar de son long métrage Mista, pourtant réalisé en 2015 mais absent des regards du plus grand rendez-vous du cinéma au monde.

Il a affirmé : « La mise aux normes internationales sur le plan technique joue un rôle prépondérant dans la réussite d’un film, cela devrait donc constituer une des modalités principales dans les contrats de coproduction ».

Mounes Khammar, réalisateur et producteur exécutif de Eyyam, dernier clip de Warda El Djazaïria et de nombre de films et documentaires primés dans différentes rencontres nationales et internationales, a, lui, rappelé la nécessité de faire confiance au génie créatif des jeunes cinéastes algériens, qui « sauront représenter dignement leur pays.

Les jeunes, cinéastes, producteurs et distributeurs algériens sont capables de porter de grands projets et promouvoir l’image de leur pays dans les grandes rencontres internationales, il faut leur faire confiance », citant l’exemple même du Festival de Cannes dont les réseaux de distribution sont dirigés par des jeunes. La grande expérience de l’Algérie est longtemps évoquée par les jeunes cinéastes présents au festival, regrettant « l’essoufflement de ce bel élan qui aurait pu permettre aux jeunes professionnels du cinéma de porter de grands projets ».

Cet élan est rappelé le 18 mai dernier au 68e Festival de Cannes, dans sa section Cannes Classiques, lors de la montée des marches, moment très attendu de tous les cinéastes, où le tapis rouge est déroulé à l’Algérie, présente à travers l’hommage rendu à Costa Gavras pour son film Z. Costa Gavras a réitéré ses « remerciements et sa gratitude à l’Algérie » sans qui, son film « n’aurait jamais vu le jour, Z est un film qui a longtemps été interdit et auquel tout le monde a tourné le dos ».

Autre moment évoqué de ce potentiel considérable cumulé par le cinéma algérien, la Palme d’Or obtenue en 1975 au 28e Festival de Cannes par le cinéaste Mohamed Lakhdar Hamina pour son film Chroniques des années de braises et dont le 40e anniversaire est célébré au Pavillon Algérie le 17 mai dernier.

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