Parlement panafricain : Fini les promesses, place aux actes
Réformer pour agir, transformer pour obtenir des résultats, c’est le nouveau cap fixé au Parlement panafricain. Réuni à Midrand, le PAP entend ouvrir une nouvelle page de son histoire en plaçant l’efficacité, la transparence et la responsabilité au cœur de son action. Son président, Fateh Boutbig, appelle à rompre avec la logique des promesses pour inscrire l’institution dans une dynamique de réalisations concrètes au service des ambitions continentales.
Dans son discours d’ouverture, Fateh Boutbig a donné le ton d’une nouvelle dynamique institutionnelle en déclarant que « cette réunion d’orientation constitue une étape importante qui vise à unifier nos positions et à définir les orientations stratégiques qui guideront notre action parlementaire au cours des prochaines années ». Il a ajouté que cette première session, organisée depuis l’élection du nouveau bureau, marque « l’annonce d’une nouvelle étape du Parlement panafricain, fondée sur une transformation progressive de ses mécanismes et de son action parlementaire ».
Organisées sous le thème retenu par l’Union africaine pour l’année 2026, « Garantir une disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs afin d’atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 », ces assises doivent permettre aux commissions permanentes de définir leurs priorités stratégiques et de renforcer leur contribution à la mise en œuvre des grandes orientations continentales.
Fateh Boutbig a souligné le rôle central du Parlement panafricain dans l’architecture institutionnelle de l’Union africaine, affirmant que cette institution poursuit sa mission « en façonnant la législation, en assurant le contrôle de la mise en œuvre des politiques, en portant la voix des peuples africains et en traduisant les engagements continentaux en résultats tangibles ». Mais pour atteindre cette ambition, il estime nécessaire d’engager une transformation profonde du fonctionnement parlementaire.
« Notre vision est fondée sur la transformation institutionnelle, le renforcement d’une culture des résultats, de la transparence, de l’intégrité et de l’efficacité », a-t-il affirmé, appelant à rompre avec certaines pratiques du passé afin de renforcer la crédibilité du Parlement panafricain et de consolider sa place au sein des institutions africaines.
Pour le président du PAP, l’enjeu est désormais de faire évoluer l’institution d’une logique d’engagements vers une culture de réalisations mesurables. « Les ambitions de l’Agenda 2063 ne pourront être atteintes qu’en transformant les engagements politiques en réalisations concrètes », a-t-il soutenu.
Entre opportunités et défis continentaux
Dans son intervention, Fateh Boutbig a également évoqué les grandes mutations qui façonnent l’avenir du continent. Il a notamment mis en avant les avancées enregistrées dans l’intégration régionale à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’accélération de la transformation numérique ainsi que les réformes institutionnelles engagées par l’Union africaine. Ces dynamiques représentent, selon lui, des opportunités majeures pour renforcer la coopération africaine et accélérer le développement du continent.
Toutefois, il a rappelé que l’Afrique demeure confrontée à des défis considérables : les conflits et l’insécurité, le changement climatique, le chômage des jeunes, les migrations irrégulières, l’exploitation des ressources minières, les contraintes budgétaires, mais aussi le développement rapide de l’intelligence artificielle et les enjeux liés à la souveraineté numérique.
Malgré ce contexte complexe, le président du PAP a appelé à l’action collective et à l’optimisme, estimant que « notre continent possède un potentiel considérable. Nous devons avancer collectivement, dans un esprit de solidarité, pour transformer ces défis en opportunités ».
En outre, Fateh Boutbig a placé les commissions permanentes au cœur de cette dynamique, les considérant comme l’espace où se concrétise la mission du Parlement panafricain. Il les a qualifiées de « véritable locomotive de l’action parlementaire », expliquant que c’est en leur sein que seront élaborées les initiatives législatives, exercées les missions de contrôle, renforcés les partenariats et transformées les recommandations parlementaires en programmes concrets.
Il a, par ailleurs, estimé que l’efficacité de l’institution ne doit plus être mesurée uniquement au volume des activités réalisées, mais à leur impact réel. « Le succès du Parlement panafricain ne sera pas évalué au nombre de réunions ou de rapports produits, mais à l’impact réel de notre action sur la vie quotidienne des citoyens africains », a-t-il martelé, appelant à rompre avec une approche centrée sur les activités au profit d’une culture des résultats.
« Chaque mission, chaque rapport et chaque réunion doivent répondre à une seule question : quelle valeur ajoutée apportent-ils à la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et à l’amélioration des conditions de vie des Africains ? », s’est-il interrogé.
Le président du PAP a ainsi défini cinq grandes orientations pour les commissions permanentes : produire des résultats tangibles, renforcer le contrôle parlementaire et la bonne gouvernance, développer des partenariats stratégiques avec les Etats membres, les Parlements nationaux, la société civile et le secteur privé, promouvoir une meilleure intégration africaine et garantir la cohérence des travaux avec les objectifs de l’Agenda 2063.
Il a également appelé les commissions à accorder une attention particulière aux enjeux transversaux qui conditionnent l’avenir du continent, notamment la sécurité hydrique, la sécurité alimentaire, l’autonomisation des femmes, l’emploi des jeunes, la gouvernance démocratique, la souveraineté numérique, l’intelligence artificielle, l’innovation scientifique et la lutte contre le changement climatique. Ces défis, a-t-il estimé, « exigent une réponse parlementaire unifiée ».
En conclusion, Fateh Boutbig a invité les membres du Parlement panafricain à faire de cette septième législature « une halte historique » dans l’évolution de l’institution, lançant : « Faisons de notre Parlement et de nos commissions permanentes un vivier d’initiatives, une tribune pour un dialogue responsable et un moteur au service d’une Afrique forte, stable et résolument tournée vers l’avenir. »