-- -- -- / -- -- --
Nationale

Parlement : Le projet de loi sur les hydrocarbures «à la trappe» ?

Parlement : Le projet de loi sur les hydrocarbures «à la trappe» ?

Le gouvernement aurait-il fait machine arrière dans le dossier sulfureux et controversé du projet de loi sur les hydrocarbures ? Vraisemblablement oui, puisque même les parlementaires se sont démarqués et ont eux également, comme le reste des Algériens, réprouvé la démarche de l’exécutif.

Mardi, le Premier ministère a transmis au Parlement deux projets de loi à examiner, le PLF 2020 et un autre du département de la Justice. Mais, paradoxalement, pas le projet de loi sur les hydrocarbures, alors qu’il a été validé dimanche par le Conseil des ministres au même titre que les deux transmis au bureau de l’APN. Dans un communiqué diffusé mardi, l’APN a indiqué que « le bureau de l’Assemblée populaire nationale a soumis mardi le projet de loi de finances 2020 et le projet de loi modifiant et complétant l’ordonnance 155-66 portant code de procédure pénale aux deux commissions ad hoc ». Mais, pas le projet de loi sur les hydrocarbures.

Alors ? En fait il est permis de penser qu’après le tollé général et l’hystérie pratiquement qui s’est emparée de larges pans de la société civile, des partis, de l’opposition comme ceux proches du pouvoir, des experts et même de sportifs et de musiciens, bref l’Algérie tout entière, le très controversé projet de loi été soigneusement remis dans les tiroirs. En attendant probablement des jours meilleurs, sinon des circonstances sociales et politiques moins stressantes. Le passage en force de ce projet de loi semble avoir échoué, mais il faut attendre quand même quelque temps pour croire qu’un trait a été tiré dessus. La formidable mobilisation populaire devant le siège du Parlement, la montée au front de plusieurs partis et figures emblématiques du Hirak et le verrouillage de l’opinion publique sur les effets catastrophiques de ce projet de loi, qui met en péril la seule ressource qui fait vivre tout un pays, ont donc incité les initiateurs du projet à le « geler ». D’autant que la formidable mobilisation populaire, soutenue par le mouvement de protestation estudiantin, ainsi que les avis catastrophés des experts, qui se posaient cette légitime question « pourquoi maintenant, alors que les élections présidentielles approchent ? » les auraient incités à geler le projet.

Beaucoup parmi les experts et spécialistes estimaient en effet que le « moment n’est pas propice pour une telle loi », ou « pourquoi se presser de faire adopter une loi dont les objectifs obéissent en réalité à un agenda concocté par des lobbies américains proches des milieux pétroliers avec les anciens responsables de Sonatrach, eux-mêmes balayés par la révolution populaire. » Fatalement, le gouvernement Bedoui est soupçonné de vouloir faire passer une loi scélérate qui va avoir de lourdes conséquences sur le potentiel énergétique national, d’autant qu’il ne peut en invoquer la paternité, puisque c’est l’ex-gouvernement d’Ahmed Ouyahia qui est derrière cette autre ouverture vers les majors pétrolières américaines, du temps de la gestion de Sonatrach par Abdelmoumène Ould Kaddour, une sorte de « cheval de Troie » des intérêts pétroliers US en Algérie. Question lancinante : pourquoi Bedoui veut-il passer en force à un moment où les clignotants politiques sont au rouge et, plus fondamentalement, à moins de 60 jours de l’extinction de son gouvernement ?

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email