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Nationale

Parlement européen et Hirak : Timide réaction de la classe politique

Parlement européen et Hirak : Timide réaction de la classe politique

Le soutien exprimé par le Parlement européen au le hirak algérien ne semble pas être du goût de la classe politique algérienne, du moins ceux qui ont réagi aux propos de la présidente de la sous-commission européenne des droits de l’Homme. Cette attitude, qualifiée d’ingérence dans les affaires internes d’un pays souverain, n’a pas encore fait réagir le ministère des Affaires étrangères.

La présidente de la sous-commission européenne des droits de l’Homme du Parlement européen, Marie Aréna, dans une vidéo postée sur sa page Facebook, le vendredi, à l’occasion du 32e acte du mouvement populaire, a exprimé son soutien à ce dernier. « Nous les soutenons ici au Parlement européen en organisant des auditions avec un certain nombre d’acteurs de la révolution actuelle en Algérie, qui demandent, effectivement, que des élections soient organisées mais pas sous le modèle actuel, pas sous le régime actuel et pas avec ses règles », a-t-elle indiqué. Et d’ajouter : « Les manifestants demandent qu’il y ait des changements au niveau de la Constitution, un pluralisme politique, une liberté d’expression et d’association, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui en Algérie. » C’est ainsi que la parlementaire a pris position en faveur du mouvement populaire car, dit-elle : « Aujourd’hui, les manifestants, ce sont des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes qui demandent la démocratie en Algérie. » Elle a, dans la foulée, plaidé pour la libération des détenus du hirak.

Si cette déclaration est passée inaperçue pour certains, d’autres ont exprimé leur indignation. C’est le cas du Mouvement de la société pour la paix (MSP), qui par le biais de son président, a exprimé son indignation. En effet, Abderrazak Makri a critiqué la position du Parlement européen sur la situation politique en Algérie. Lors d’une conférence de presse organisée ce dimanche, il a dénoncé cette attitude en déclarant : « Quand l’Union européenne s’en mêle, les ennuis commencent. L’Union européenne n’a pas à se mêler de nos affaires. Cette Union et les régimes occidentaux n’évoquent les questions des droits de l’homme et de la démocratie que pour leurs intérêts… ». Il a cependant affirmé que « notre combat contre la dictature et le totalitarisme se fait chez nous, dans notre pays, en Algérie. Nous sommes prêts à nous sacrifier pour cela. Nous refusons toute internationalisation de nos problèmes ».

Même son de cloche au Mouvement populaire algérien (MPA). Dans un communiqué, le groupe parlementaire du parti a exprimé également son indignation. Qualifiant cette position « d’ingérence dans les affaires internes du pays », ils estiment que c’est une tentative de semer le doute dans le but de faire perdurer la crise que traverse l’Algérie en diabolisant la tenue de l’élection présidentielle sous le modèle actuel. « Le groupe parlementaire du MPA refuse, dans le gros et dans le détail, ce genre d’ingérence dans les affaires internes de l’Algérie, que nous considérons comme une atteinte à la souveraineté nationale ». « L’Algérie saura sortir de cette crise avec l’organisation de l’élection présidentielle dans les délais… », a-t-on conclu.

Le groupe parlementaire de l’alliance (Nahda, Adala, Bina), tout en s’interrogeant sur le timing de cette déclaration du Parlement européen a également dénoncé énergiquement cette position. Refusant catégoriquement l’ingérence dans les affaires du pays, ils estiment que « le hirak, qui a émerveillé le monde par son pacifisme, est capable de mener le pays vers la solution idoine et la plus sûre pour régler ses problèmes internes et n’a nul besoin d’injonctions externes ». Les autres partis politiques, qui possèdent la majorité dans les institutions parlementaires du pays, n’ont pas daigné réagir aux propos de cette députée européenne.

Cependant, le ministère des Affaires étrangères ne s’est pas encore prononcé sur la question, ce qui a suscité des interrogations chez la plupart des observateurs alors qu’en même temps, c’est le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’ANP qui n’a pas hésité à réagir à ces déclarations du Parlement européen.

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