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Nationale

Paris : L’horreur racontée par une étudiante algérienne

Paris : L’horreur racontée par une étudiante algérienne

Lydia M. est une étudiante algérienne âgée de 21 ans, actuellement en première année de master chimie orientée vers les nanosciences et l’énergie à l’université Paris Diderot (VII), où elle s’est inscrite après l’obtention de son bac en Algérie en 2012. Comme tout un chacun en France, elle a vécu des moments de terreur au cours des six attentats perpétrés par l’Etat islamique au cœur de Paris ce vendredi 13. Voici son témoignage.

Vous avez vécu, comme chaque personne en France, des moments de choc et d’indignation après les attaques terroristes perpétrées en plein cœur de Paris. Quel était votre sentiment ?

« Mon premier sentiment, après avoir été informée des attentats vendredi soir, fut l’inquiétude quant à la sécurité de mes proches et la première chose que j’ai faite fut de les appeler. J’ai été choquée d’apprendre qu’un attentat kamikaze devant un stade a évolué en trois autres, puis en fusillades et en prise d’otages.

Je suis consternée par le bilan de ces attentats (129 morts et 240 blessés) même si cela n’est rien devant l’épisode de terreur qu’a vécu l’Algérie durant la décennie noire. Chaque victime du fanatisme religieux reste pour moi une tragédie incomparable.

Je ne garde pas que de l’amertume ou de la tristesse depuis ces événements, mais aussi de l’espoir, car ils nous ont montré également qu’un élan de solidarité face au drame de ce week-end était possible entre tous les citoyens quelles que soient leur origine ou leur confession.

En tant qu’étudiante algérienne en France, vous sentez-vous en danger après les attentats criminels ?

Le fait que ces attentats aient été perpétrés sur la place publique, qu’ils aient touché des personnes de différentes religions, de différentes origines et de différents milieux sociaux sans aucune distinction, prouve que personne n’est à l’abri des méfaits d’une quelconque menace.

Et de ce fait, oui, je me sens en danger mais pas plus qu’un citoyen français.
Vous condamnez les attaques terroristes, que ce soit en France ou ailleurs, comme vous condamnez également ceux qui corrompent l’image de l’Islam.

Comment pourriez-vous expliquer, en tant qu’étudiante, cette escalade du terrorisme dans le monde ?

En tant qu’être humain, je condamne les actes terroristes où qu’ils aient été commis dans le monde, car aucune cause, aussi juste soit-elle, ne mérite le sacrifice d’êtres humains.

Ensuite, en tant que personne élevée dans le respect des valeurs musulmanes, je dirais que ces crimes commis au nom de Dieu et de l’Islam n’ont rien à voir avec la religion que ces terroristes voudraient défendre par la terreur qui est une entreprise néfaste. Honnêtement, je ne saurais expliquer cette escalade du terrorisme dans le monde, et c’est avec une grande tristesse que je ne peux que la constater.

A l’université où actuellement vous préparez votre master, y a-t-il eu des incidents particuliers entre des étudiants musulmans et français ?
Je ne pense pas que l’on puisse parler d’incidents entre musulmans et Français car la plupart des musulmans que j’ai rencontrés dans mon université sont français.

Cependant, même après les attentats contre Charlie Hebdo en janvier dernier et ceux du 13 novembre, je n’ai pas constaté de discrimination vis-à-vis de la communauté musulmane en milieu universitaire.

Pensez-vous que cette vague d’attentats va alimenter davantage l’islamophobie en France ?

Malheureusement, la société est telle que certaines personnes peu averties ne peuvent s’empêcher de faire l’amalgame entre musulmans et fanatiques. D’ailleurs, peu après les attentats, des actes islamophobes ont été commis dans différentes villes de France (mosquées vandalisées, slogans islamophobes).

Que représentent pour vous ces réactions ?

J’aimerais profiter de l’occasion qui m’est offerte pour évoquer les actes terroristes commis ailleurs dans le monde, notamment les attentats perpétrés à Beyrouth le 12 novembre dernier et qui n’ont pas été autant médiatisés que ceux de Paris, alors qu’ils mériteraient qu’on leur accorde la même importance médiatique.

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