-- -- -- / -- -- --
Nationale

Parasitages, surenchères et spectacle-alibi

Parasitages, surenchères et spectacle-alibi

Comme en de pareils cas, notamment en politique, les avis sont partagés. Entre le show de la Coupole et le rendez-vous de Zéralda, l’opinion publique semble vouloir, soit se détacher des querelles de clocher, soit prendre de nouvelles distances et creuser davantage le fossé qu’il la sépare des acteurs d’un autre univers.

Les chroniqueurs des médias s’interrogent sur cette façon de « parasiter » l’autre, sans vraiment poser les bases et les jalons d’un nouvel édifice politique, comme cette propension à créer coûte que coûte un « front » hétéroclite, complexe et « surréaliste », pour reprendre les termes d’un activiste de l’opposition. En quoi les deux événements ou « fêtes » ont contribué à la prise de conscience des citoyens ? Que vaut le tintamarre folklorique de la Coupole avec les vidéos gênantes des scènes de l’anarchie et des « petites » violences ? Que faut-il conclure des discours apaisés de l’opposition lors de son sommet dit de Mazafran2 et des absences notoires ? Sans juger du contenu des deux « meetings », on penserait aisément que les deux protagonistes vivent dans deux univers différents, réfléchissent avec deux logiques et qu’ils se chamaillent dans une seule cour. Entre les deux discours diamétralement opposés ou peu, il y a déjà une rupture, un fossé immense qui ne laisse aucune chance à une quelconque médiation, bien qu’en politique, on cultive l’art du possible. Alors que la nouvelle alliance présidentielle prônée par le FLN « broute » sur un terrain déjà conquis, avec la création d’un « djidar »v nihiliste, dont la seule finalité est de défendre le programme du Président, l’opposition, sous l’étendard de la plate-forme de Mazafran2, veut proposer sa seule alternative (encore discutable) et non un partenariat. Si le FLN et ses satellites n’apportent que du soutien et des discours en cultivant le « complexe du nombre » ( la traditionnelle hantise des salles archi-combles), l’opposition « feutrée » veut se construire un « label politique », qui rejette le fait accompli institutionnel ou le statu quo politique. On n’est pas loin des stigmates de « qui a tort, qui a raison ? », ni des dommages de la culpabilisation ou des perfides accusations. Affligeant spectacle des débats politiques actuels, alors que les législatives de 2017 ne sont pas loin, que le Premier ministre Abdelmalek Sellal revendique un nouveau « modèle économique » pour bientôt, que ses ministres technocrates prônent un emprunt national pour éviter l’endettement auprès des institutions étrangères. Ce jour-là, des observateurs avertis soulignent, à juste titre, que l’Algérie n’a rien gagné au change, même si le décor ou la vitrine des spectacles plaide pour une impression que le pays vit une animation politique « féconde » et qu’il entretient « sa démocratie ».

Les protagonistes de cette « surenchère » médiatique ne peuvent, tout le temps, brandir la « menace terroriste » de Daech et ses tentacules, les « complots ourdis » par des « forces externes » ou les périls des fitnas qui guettent notre voisinage. C’est sans doute cela qui a poussé d’autres forces à prôner un processus de « consensus », à créer d’autres liens, d’autres fils pour tisser ce “rideau « national qui nous protégera des agressions internes et externes. Et c’est ce même concept de consensus, pourtant rassembleur, qui semble, lui aussi, victime des chapelles et des entêtements séculaires de nos « sérails » partisans. D’ailleurs, ces deux rencontres de mercredi dernier, marquées par des absences et des défections spectaculaires, ont bien montré l’état « sinistre » de notre « élite politique », entre « la faillite » des uns et la « défaillance » des autres. 

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email