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Paralysés depuis 4 mois: Les restaurants tirent la sonnette d’alarme

Paralysés depuis 4 mois: Les restaurants tirent la sonnette d’alarme

Contraints de baisser le rideau depuis plus de quatre mois en raison de la propagation de la Covid-19, les restaurateurs pourraient faire faillite, si une reprise des activités n’est pas décidée avant la fin de la saison estivale, qui représente une bonne partie de leur chiffre d’affaire.

L’impact a été particulièrement douloureux dans les grandes villes, a estimé Abdelmalek, gérant d’un restaurant à Draria (Alger). « Notre restaurant est à l’arrêt quasi complet depuis plus de quatre mois. On a une équipe de 11 employés qui se retrouvent aujourd’hui sans emploi », a déploré Hamid propriètaire d’un restauratant spécialisé dans le poisson et les fruits de mer. 

Depuis la fermeture de plusieurs types de commerces le15 mars dernier dans le cadre de la lutte contre la propagation du nouveau Coronavirus, plus de 50.000 restaurants et cafés sont menacés de déclarer faillite.

La peur au ventre de ne jamais revoir les clients se masser à ses tables, Abdemalek a affirmé au Jeune Indépendant qu’après un premier bilan calculé sur quatre mois de fermeture, les pertes sont énormes. Dans l’incapacité de payer tous ses employés, il a d’abord préféré ne garder que ses cuisiniers, puis a fini par licencier tout son personnel.

Il s’est dit prêts à travailler avec 50% de sa capacité d’accueil et mettre en place un système de désinfection et de nettoyage des lieux et de tous les objets utilisés dans le service. « Près de la moitié de mon chiffre d’affaire est réalisée durant la saison estivale », a affirmé le restaurateur, relevant l’urgence de reprendre l’activité.

« Si cette situation dure encore deux ou trois mois de plus, je ne serai plus en mesure de renouveler mon contrat de location », redoute le restaurateur, qui attend maintenant de l’Etat des mesures d’accompagnement.

Pour Amine, 38 ans et propriétaire d’un restaurant à Chéraga (Alger), la situation est très compliquée. Il a affirmé au JI, qu’il a déjà déposé son bilan. « C’est tragique. Le virus et les mesures de confinement qu’il a entraînées ont été fatals pour mon restaurant », a-t-il déclaré avec tristesse.

« Après une année de Hirak, qui s’est répercuté négativement sur mon chiffre d’affaire, le virus m’a pris de court. Je n’avais pas de réserves et je n’ai pas pu assurer le loyer mensuel de mon local de 340.000 Da, ni le salaire de mes employés », a expliqué Amine, redoutant que « beaucoup de restaurateurs ne survivront pas à cette crise ».

Deux mois après l’arrêt total de son activité, Karim, propriétaire de plusieurs restaurants à Alger, a dépoussiéré ses casseroles. « On fait des plats à emporter, les légumes, des pizzas sur commande, on cherche à se diversifier », a-t-il déclaré.

Karim a fait une révision des salaires afin de pouvoir garder l’ensemble de ses employés, devenus pour la majorité des livreurs, coronavirus oblige.

Le président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens (ANCAA), El Hadj Tahar Boulenouar, a récemment déclaré que les quatre mois de confinement ont généré des pertes énormes, notamment parce que la majorité des propriétaires de restaurant ne sont pas détenteurs de locaux mais sous contrat de location.

« Plus de 90% des intervenants dans ce secteur d’activité louent des locaux pour travailler. Les frais de location ne sont jamais en dessous de 100 000 da par mois », a-t-il indiqué lors d’un point de presse

Durant ces mois de suspension d’activité, les pertes ne se limitent pas aux frais de location, mais également à celles des stocks alimentaires expirés et jetés, sans oublier les salaires des travailleurs et les diverses charges et factures.

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