Par la Zakât sur les biens, un équilibre social sans égal !
A l’Age d’or de l’Islam, le terme « Sadaqat » qui se traduit ici par « Recettes de l’Etat » comprend toutes les taxes payées par les musulmans à leur gouvernement, en temps normal : taxe sur l’agriculture, les mines, le commerce et l’industrie, les troupeaux d’élevage, les épargnes etc. En sont exclus les impôts provisoires des temps exceptionnels, les revenus prélevés sur les non musulmans, sujets ou étrangers, ainsi que toute contribution non obligatoire.
La littérature juridique de l’Islam de cette époque- là, surtout les nobles et éloquentes instructions de notre Vénéré Prophète, Salut Divin Sur Lui, ne laissent aucun doute sur l’emploi du terme » Sadaqat » en ce sens. Il ne s’agit point d’aumônes; les aumônes ne sont ni obligatoires ni déterminées quant à la quantité ou à l’époque de l’acquittement; (on les appelle »Infaq fi Sabil Allah », dépense dans le sentier de Dieu ou » Tatauwa », charité volontaire).
Parmi les bénéficiaires des dépenses de l’Etat, les deux premières catégories mentionnées : » fuqara et massakin « , (besogneux et pauvres) qui sont presque synonymes, ont donné cours à une divergence d’opinions. C’est ainsi qu’il ressort de la noble parole et la vertueuse pratique du second Calife Omar Ibn El khettab, que Dieu agrée son âme, » les fuqara » sont les pauvres parmi les musulmans, tandis que » Massakin « , désigne les pauvres parmi les ressortissants étrangers, domiciliés en terre d’Islam, ou les citoyens de confession différente : juifs, chrétiens…
Ce type de personnes dénuées de scrupules a proliféré, de nos jours ; de même, son ingéniosité à tromper les gens en exploitant leurs sentiments n’a plus de limites. C’est ainsi qu’on voit certains d’entre eux, boiter ; d’autres, feindre d’être aveugles ; d’autres se courber en marchant se faisant passer pour handicapés, alors que d’autres n’ont pas trouvé mieux de prétendre être sortis de l’hôpital et n’avoir rien à manger, pour dormir ou prendre le train et autres prétextes encore, et autres visages à démasquer…
En vérité, cette populace reste une marque de déshonneur dans le corps de la société musulmane, et c’est pourquoi, il incombe aux réformateurs et à ceux qui sont investis d’un pouvoir de décision, à ceux qui ont à cœur, de préserver la dignité de la société, de mettre un terme aux agissements de ces parasites dans les rues, les stations de bus et de trains, les tombeaux de saints et autres lieux publiques. Avec cette action de salubrité publique, ces réformateurs verront que la majeure partie de ces pseudo mendiants, peut être utile à la communauté, en leur offrant des chances de travailler dignement et de gagner leur vie par la sueur.
Que nos décideurs s’imprègnent de cette vérité, et se dépêchent sans tarder pour éliminer tous les sous emplois par la résorption du chômage et ce, en offrant aux jeunes les facilités de se constituer en groupes de travail pour exploiter et mettre en valeur toutes nos terres restées depuis des décennies et jusqu’à présent en jachère, de s’informer et de se former au diapason des besoins du pays, en leur évitant ainsi de se voir livrés à eux-mêmes, à la fin de leur scolarité ou à la fin de leur cycle universitaire, par manque de postes de travail, en adéquation avec leur formation respective et avec les besoins des secteurs vitaux d’une manière générale.
L’excès de consommation et de gaspillage a généré le fléau de mendicité
Ce fléau de mendicité est secrété par une politique de consommation et de gaspillage, par la sous culture des générations montantes, auxquelles on enseignerait comment manger, boire, danser et, au besoin, comment quitter son pays pour des miettes à l’Etranger ; générations auxquelles on ôterait tout amour du prochain, tout amour patriotique, tout amour du risque, tout amour de recherche, tout amour de se sacrifier pour nos valeurs et vertus ancestrales ; des générations réduites à assouvir exclusivement leurs besoins bestiaux.
Viennent ensuite les traitements des fonctionnaires : les encaisseurs, les comptables, ceux qui sont chargés des dépenses, de l’apurement, du contrôle etc… A vrai dire, cette catégorie comprend toute l’administration aussi bien civile que militaire et diplomatique de l’Etat.
L’historien Baladahuriy nous a conservé dans son ouvrage « Al Ansâb », un document où le Calife Omar demanda à son gouverneur de la Syrie : « Envoie, chez nous (à Médine) un expert grec pour mettre en ordre les comptes de nos revenus ». On n’a pas besoin d’une meilleure autorité pour dire que non seulement les non musulmans peuvent être employés dans l’administration de l’Etat musulman, mais aussi ils peuvent bénéficier des « Sadaqāt » prélevées uniquement sur les musulmans.
La catégorie de ceux dont les coeurs sont à gagner concerne, on le comprend facilement, les dépenses secrètes de l’état. Le juriste Abou yala al Farrâ précise : « Quant à ceux dont les coeurs sont à gagner, ils sont de quatre catégories :
– Ceux dont les coeurs sont ralliés, afin qu’ils aident les musulmans ;
– Ou qu’ils s’abstiennent de faire du mal aux musulmans;
– Ceux qu’on veut inviter à embrasser l’Islam;- et ceux par l’intermédiaire desquels on invite leurs clans et leurs familles à se convertir à l’Islam. Il est licite de dépenser pour chacune de ces catégories qu’il s’agisse d’un musulman ou d’un polythéiste. »
Par 1e terme « libération des esclaves », on a toujours compris surtout, qu’il existe deux espèces de dépenses : la libération des esclaves et le rachat des prisonniers de guerre aux mains de l’ennemi. Selon la loi Islamique, tout esclave a le droit de racheter son émancipation en payant sa valeur à son maître; et il a le droit, pour gagner l’argent nécessaire, d’obliger son maître à le laisser travailler pour son propre compte. Ainsi, l’Islam n’encourage guère l’esclavage, il interdit par contre, toute forme d’exploitation de l’homme par l’homme, mais il gère cependant, un phénomène vécu durant les périodes païennes et préislamiques et incite à cet égard à la libération des esclaves en tant que moyen d’expiation des péchés commis ou comme acte cultuel, agréé et fort récompensé par le Seigneur.
Le devoir du gouvernement Islamique
En outre, c’est le devoir du gouvernement Islamique de consacrer chaque année dans son budget une somme pour venir en aide aux esclaves qui cherchent à racheter leur libération. Un document du Calife Umaiyade Omar lbn Abdal Aziz, que Dieu agrée son âme, nous apprend le paiement, par le gouvernement musulman, des rançons destinées à la libération de sujets non musulmans, faits prisonniers par l’ennemi.
La catégorie de ceux qui sont lourdement endettés et chargés d’obligations, montre selon les pratiques des temps classiques, toute une série d’applications : On venait en aide aux sinistrés des calamités naturelles telles que l’inondation, le tremblement de terre etc. Il ne s’agit ici nullement des pauvres, qui sont déjà mentionnés dans le début de la disposition coranique sus-citée, mais des gens aisés ayant subi une quelconque déchéance , ou en couru des obligations anormales au-delà de leur pouvoir, ou devenus aussitôt nécessiteux par un cas de force majeure, c’est-à-dire imprévisible et inévitable, ou catastrophe quelconque. Ce serait des chefs d’entreprises auxquels l’Etat accorde des prêts à court, moyen ou long terme, afin d’éviter un lockout éventuel, une compression d’effectifs, un chômage technique et autres fléaux sociaux qui en découlent.
Le Calife Omar que Dieu agrée son âme, organisa une section spéciale du Trésor Public pour prêter de l’argent sans intérêt à ceux qui en avaient un besoin temporaire, et qui fournissaient les garanties nécessaires de remboursement ; le Calife lui-même y eut recours pour des besoins privés. Il va de soi que la nationalisation du prêt sans intérêt, était le concomitant, nécessaire de l’interdiction par l’Islam, du prêt à intérêt. Le même Calife prêtait de l’argent public même aux commerçants, pour des délais déterminés, et le trésor partageait avec eux un certain pourcentage de leur gain (jouant ainsi le jeu du risque et du profit éventuels). Cette même catégorie de dépenses publiques avait encore une application : elle pouvait constituer une sorte d’assurance sociale, comme nous pouvons l’appeler de nos jours…
En effet, si quelqu’un se rendait capable d’un homicide involontaire, et s’il était incapable par ses propres moyens de payer le prix légal du sang, le gouvernement lui venait en aide, sous ce titre du budget, comme nous en témoigne la pratique de notre Prophète Mohammed, Salut Divin Sur Lui, à maintes reprises.
L’expression « dans le sentier de Dieu » s’entend, dans la terminologie islamique, d’abord pour la défense militaire et s’applique aussi bien au personnel qu’à l’équipement etc.. Mais le terme s’étend en réalité à toute oeuvre de bienfaisance, depuis l’aide aux étudiants jusqu’aux entreprises religieuses, comme la construction de Mosquées, ou autres à caractère social profitant à l’ensemble de la collectivité.