Par la Zakât sur les biens, un équilibre social sans égal !
Le Calife Omar que Dieu agrée son âme, organisa une section spéciale du Trésor Public pour prêter de l’argent sans intérêt à ceux qui en avaient un besoin temporaire, et qui fournissaient les garanties nécessaires de remboursement ; le Calife lui-même y eut recours pour des besoins privés. Il va de soi que la nationalisation du prêt sans intérêt, était le concomitant, nécessaire de l’interdiction par l’Islam, du prêt à intérêt.
Le même Calife prêtait de l’argent public même aux commerçants, pour des délais déterminés, et le trésor partageait avec eux un certain pourcentage de leur gain (jouant ainsi le jeu du risque et du profit éventuels). Cette même catégorie de dépenses publiques avait encore une application : elle pouvait constituer une sorte d’assurance sociale, comme nous pouvons l’appeler de nos jours…
En effet, si quelqu’un se rendait capable d’un homicide involontaire, et s’il était incapable par ses propres moyens de payer le prix légal du sang, le gouvernement lui venait en aide, sous ce titre du budget, comme nous en témoigne la pratique de notre Prophète Mohammed, Salut Divin Sur Lui, à maintes reprises.
L’expression « dans le sentier de Dieu » s’entend, dans la terminologie islamique, d’abord pour la défense militaire et s’applique aussi bien au personnel qu’à l’équipement etc.. Mais le terme s’étend en réalité à toute oeuvre de bienfaisance, depuis l’aide aux étudiants jusqu’aux entreprises religieuses, comme la construction de Mosquées, ou autres à caractère social profitant à l’ensemble de la collectivité.
Dans la catégorie de dépenses, on fait entrer tout ce qui peut améliorer le sort du voyageur en détresse, peu importe pour nous, qu’il soit commerçant, homme d’affaires ou simple touriste ainsi que toute oeuvre d’utilité publique : construction et entretien de ponts et chaussées, entreprises touristiques: hôtels, restaurants; service de sécurité et d’hygiène, entreprises de transports; et, en général tout ce qui a trait au confort des voyageurs en transit – y compris, dans la mesure du possible, l’hospitalité gratuite.
Cette hospitalité qui montre le degré de la foi en Dieu de chaque fidèle, se pratiquait fréquemment aux âges d’or de l’Islam, pour un séjour de trois jours dans un endroit, simplement entre individus sans aucune injonction de l’Etat. Pour apprécier la valeur de ces dispositions, il faut se rappeler qu’elles datent du début de l’Islam, voilà déjà plus de quatorze siècles. Il y aurait peu de chose à y ajouter pour les appliquer même de nos jours dans un Etat progressiste et soucieux du bien-être de ses sujets.
A noter que les « Sadaqāt » étaient les seules taxes gouvernementales, au temps du Prophète, Salut Divin Sur Lui, et des Califes orthodoxes, que Dieu agrée leur âme vertueuse. Aux époques postérieures, à l’occasion de besoins extraordinaires, les juristes ont admis la possibilité légale d’imposer des charges supplémentaires, mais strictement provisoires, pour faire face aux exigences des circonstances qu’on appelle « nawaib »(calamités).
Le Chef d’un peuple est, en fait son serviteur
En Islam, on ne paie point le « tribut » au Chef de la cité pour son luxe ou pour sa gloire; on paie des droits à la collectivité, surtout en faveur des besogneux, toujours dans le but de croître en grâce et de se purifier, comme l’explique éloquemment le verset 103 de la Sourate dite : « le Repentir »: « Prends sur leurs biens un impôt par quoi tu les purifies et les purges, et penche-toi sur eux. Oui ton penchant leur est un repos. Et Dieu entend, Il sait ». Le Prophète Salut Divin Sur Lui a dit : « le Chef d’un peuple est, en fait son serviteur » Pour démontrer la véracité de cette noble citation et le désintéressement absolu avec lequel il avait assumé la direction de son peuple à la fois comme guide spirituel et chef de l’Etat, il avait formellement déclaré que les revenus de l’Etat musulman provenant des musulmans (Sadaqāt) Lui étaient interdits à Lui et à tous Ses proches. Si le chef de l’Etat n’abuse pas de la confiance publique, ses subordonnés n’en seront que plus scrupuleux dans l’acquittement de leurs devoirs.
Loin d’être une aumône, la « zakat » constituait et constitue encore jusqu’à la fin des temps, un impôt civil, une taxe obligatoire, dont les modalités d’acquittement sont fixées par la tradition du prophète, taxe appuyée par des sanctions et par la force publique contre les récalcitrants.
Pour mieux inculquer aux esprits des croyants l’importance de ces paiements, notre Prophète, Salut Divin Sur Lui, les déclara « devoirs religieux et prescription divine », donc assortis, pour les récalcitrants qui sont fort nombreux de nos jours, d’un châtiment dans l’Au- delà, au même titre que la croyance à Allah, Dieu Unique, Maître des mondes, les offices de prière, le jeûne du mois de Ramadan ou le pèlerinage à la Mecque, comme nous l’avons souligné dans les développements précédents.
L’avarice entraîne un châtiment
Les versets 75, 76, et 77 de la Sourate dite « Le Repentir » font état, dans une anecdote, du malheureux sort d’un avare : ce fut Tha’laba, jadis compagnon du Prophète, mais que l’avarice a aveuglé et entraîné pour lui un châtiment exemplaire dans l’Au-delà: « « Et parmi eux, il en est qui avaient pris l’engagement envers Allah : « s’Il nous donne de Sa Grâce, nous acquitterons la Zakât, et serons du nombre des gens de bien. Mais, lorsqu’Il leur donna de Sa Grâce, il s’en montrèrent avares et tournèrent le dos en faisant volte-face. Il a donc suscité l’hypocrisie dans leurs cœurs et cela jusqu’au jour où ils Le rencontreront pour avoir violé ce qu’ils avaient promis à Allah et pour avoir menti. ».
Que nos décideurs réfléchissent sur l’érection de la Zakat en une institution étatique, à l’instar de plusieurs pays frères, et fassent en sorte qu’elle soit acquittée par tous ceux qui sont imposables, sans distinction aucune, selon les instructions prophétiques, depuis nos milliardaires dont les fonds, enfouis et en fuite ça et là, profitant pour la plupart aux banques étrangères, jusqu’à nos hauts fonctionnaires et hauts cadres de la Nation, auxquels on permet de s’enrichir davantage par des subterfuges juridiques, au détriment des classes moyennes, auxquelles on permet, par la même baguette magique de s’enfoncer de jour en jour dans le besoin. Ce qui permettrait ainsi, à une minorité « pensante », l’enrichissement sans cause légitime et provoquerait au sein des populations des malaises sociaux sans fin.
Si la croyance en Dieu Unique est un devoir spirituel libérant la personne humaine des jougs du paganisme et de toute forme d’athéisme ; si la Prière, le jeûne et le pèlerinage sont des devoirs à la fois corporels et spirituels, la « zakat » reste un impôt versé par les personnes aisées à celles se trouvant dans le besoin. C’est donc un devoir monétaire qui assure, s’il est bien acquitté et rationnellement réparti, un équilibre social, au sein de la communauté, sans égal !!!
Références bibliographiques :
Initiation à l’Islam du professeur Mohammed Hamidullah
– Illumination de la foi à travers la vie du Souverain des Messagers du Cheikh Mohammed El Khodari Back.
– Traductions du Saint Coran par :
– Le professeur Mohamed Hamidullah.
– Le professeur Sadak Mazigh.
– La Présidence Générale des Directions des Recherches Scientifiques, Islamiques, d l’Ifta,, de la Prédication et de l’Orientation Religieuses.
– Islam, dogme et législation du Grand Imam Mahmoud chaltût. (traduit de l’arabe par le professeur Messaoud Boudjenoun).
– L’Interprétation du Saint Coran de l’Imam Ibn Kathir
( traduit en français par le professeur Fawzi Chaaran).
– Les Règles de la Législation Islamique Eclairées par la Tradition Prophétique de l’Imam Sayed SABIQ (Traduit par les Professeurs : Imane ‘Ali Lagha et Rawya Burhane Naji).