-- -- -- / -- -- --
MENASahel

Palestine: un dernier hommage à Shirine Abou Akleh

Palestine: un dernier hommage à Shirine Abou Akleh

Des milliers de Palestiniens ont rendu jeudi 12 mai un grand hommage à la journaliste vedette Shirine Abou Akleh assassinée la veille  par les forces d’occupation israélienne en Cisjordanie, appelant à une enquête internationale et condamnant les atteintes au droit humanitaire par l’armée israélienne.

Représentants palestiniens, diplomates étrangers et une foule de Palestiniens ont participé à la cérémonie officielle de recueillement à Ramallah, au siège de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, où le cercueil de la journaliste enveloppé du drapeau palestinien a été déposé.

” Nous vivions avec Shirine. Sa voix entrait dans chaque maison et sa disparition est une blessure dans nos cœurs “, a témoigné Hadil Hamdan, 45 ans, venue saluer la mémoire de la journaliste, tuée par l’armée israélienne mercredi 11 mai d’une balle dans la tête à Jénine en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans.

L’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas a rejeté les appels à une enquête conjointe avec Israël sur sa mort. Elle a, de même que la chaîne qatarie Al Jazeera pour laquelle la reporter travaillait, accusé l’armée israélienne de l’avoir tuée avec préméditation. Israël a affirmé ne pas écarter la possibilité que la balle ait été tirée par ses soldats sans endosser le crime.

” Nous tenons les autorités israéliennes d’occupation complètement responsables de sa mort “, a déclaré M. Abbas durant la cérémonie, expliquant son refus d’une enquête conjointe par le fait que ” les autorités israéliennes ont commis ce crime et nous ne leur faisons pas confiance “. Il a affirmé vouloir saisir la Cour pénale internationale.

” L’enquête doit être complètement indépendante “, a affirmé Hussein al-Sheikh, un ténor de l’Autorité palestinienne, promettant de rendre publics les résultats ” avec grande transparence “.

Palestinienne chrétienne âgée de 51 ans et ayant aussi la nationalité américaine, Shirine Abou Akleh portait un gilet pare-balles siglé ” presse ” et un casque de reportage à Jénine. Les soldats israéliens savaient parfaitement sur qui ils tiraient, a ajouté Mahmoud Abbas confirmant les témoignages de ses collègues des autres organes de presse qui étaient sur place au moment des tirs israéliens.

L’annonce de son décès a suscité une vive émotion dans les Territoires palestiniens et dans le monde où ses reportages ont été suivis pendant plus de deux décennies, notamment dans le monde arabe, en Europe et aux États-Unis.

Plusieurs rassemblements spontanés ont eu lieu dans les Territoires palestiniens pour dénoncer son assassinat par Israel et une rue de Ramallah va être rebaptisée à son nom.

Shirine ” était la sœur de tous les Palestiniens “, a déclaré mercredi à la presse la voix nouée de sanglots, son frère Antoun Abu Akleh. ” Ce qui s’est passé ne peut être passé sous silence (…) Elle ne sera pas oubliée “.

Sa dépouille a été transférée à El-Qods occupée où ses funérailles doivent se tenir vendredi dans une église.

Al Jazeera a accusé les forces israéliennes d’avoir tué ” de façon délibérée ” et de ” sang froid ” sa journaliste star.

Les États-Unis ont ” condamné fermement le meurtre ” et appelé à une enquête ” transparente “, de préférence conjointe entre Israéliens et Palestiniens. L’ONU et l’Union européenne ont elles exhorté à une investigation ” indépendante “. En visite à Téhéran jeudi, l’émir du Qatar Tamim ben Hamad Al Thani a accusé Israël d’avoir tué la journaliste. ” Il faut réclamer des comptes aux auteurs de ce crime odieux “, a-t-il déclaré.

Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email