Palestine: 750 journalistes américains dénoncent la partialité en faveur d’Israël
Plus de 750 journalistes de dizaines d’organismes de presse ont signé une lettre ouverte publiée jeudi soir condamnant la manière pro-israélienne avec laquelle est couverte l’agression sioniste contre Gaza qui a fait plus de 11 000 morts et 25 000 blessés en majorité des femmes et des enfants depuis le 7 octobre 2023.
La lettre stigmatise en premier la couverture par les médias américains du massacre de Gaza qui se base, ont-ils souligné, sur une « rhétorique déshumanisante qui a servi à justifier le nettoyage ethnique des Palestiniens » .
Pour les signataires issus notamment de l’agence Reuters, du Los Angeles Times, du Boston Globe et du Washington Post se distingue par le fait qu’elle expose les divisions et les frustrations au sein des rédactions affirmant qu’il s’agit d’un appel à réaffirmer leur engagement en faveur de l’équité, la vérité, et l’éthique et non à les abandonner au profit d’Israël.
Pour certains journalistes, signer la lettre était un geste audacieux, voire risqué. Des journalistes ont été licenciés de leurs rédactions pour avoir adopté des positions dénonçant le carnage perpétré par l’armée israélienne contre des civils à Gaza et réclamant une couverture équitable.
De manière plus précise, la lettre soutient que les journalistes devraient utiliser des mots comme « apartheid », « nettoyage ethnique » et « génocide » pour décrire le traitement réservé aux Palestiniens par Israël. Les signataires de la lettre rappellent qu’il s’agit de « termes précis bien définis par les organisations internationales de défense des droits de l’homme ».
Pour les signataires, les États-Unis ont désigné le Hamas comme organisation terroriste. « C’est le genre de double standard que cette lettre dénonce. »
La lettre évoque aussi l’assassinat par l’armée israélienne des journalistes qui ont été tués au cours du conflit éclaté pendant un mois

Joe Rivano Barros
Jusqu’à présent, 41 professionnels des médias ont été tués, dans les bombardements israéliens contre Gaza et le Sud du Liban , selon le dernier décompte du Comité pour la protection des journalistes.
Joe Rivano Barros, rédacteur en chef de Mission Local, une organisation à but non lucratif de San Francisco, qui a signé la lettre, a affirmé qu’il n’y avait pas eu de « condamnations généralisées du génocide et des des meurtres de journalistes de la part des rédactions occidentales ».
« Ce conflit particulier semble entraîner beaucoup de tergiversations, contrairement à d’autres conflits comme celui de l’Ukraine», a déclaré Rivano Barros.
La lettre des journalistes fait suite à plusieurs autres lettres ouvertes ces dernières semaines, la plupart exprimant leur solidarité avec les Palestiniens. 8 000 écrivains, artistes, académiciens et universitaires ont critiqué la couverture médiatique partial du conflit par la presse américaine. La lettre largement diffusée intitulée « Les écrivains contre la guerre contre Gaza », a condamné « la réduction au silence de la dissidence et des dénonciations des crimes du gouvernement de Benjamin Netanyahou contre des femmes et des enfants à Gaza.
Les chroniqueurs du New York Times, Jazmine Hughes et Jamie Lauren Keiles, ont signé la lettre. Quelques jours plus tard, Hughes a démissionné de la direction du journal suivie de Keiles .

Jazmine Hughes poussée à la porte
La New York Review of Books en a publié une lettre signée par des écrivains bien connus, dont Ta-Nehisi Coates, appelant la « communauté internationale à s’engager à mettre fin au génocide qui se déroule à Gaza ».

Une autre lettre signée également par des écrivains et artistes publiée dans le magazine N+1 qui affirment : « nous sommes horrifiés de voir la lutte contre l’antisémitisme utilisée comme prétexte pour des crimes de guerre avec une intention génocidaire avérée».