Paix et sécurité en Afrique : Le rôle clé de l’Algérie au Conseil de sécurité – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Paix et sécurité en Afrique : Le rôle clé de l’Algérie au Conseil de sécurité

Paix et sécurité en Afrique : Le rôle clé de l’Algérie au Conseil de sécurité

L’Algérie, qui siégera au Conseil de sécurité des Nations unies (CSNU) en tant que membre non permanent à partir de janvier prochain, consacrera son mandat au renforcement de l’influence de l’Afrique sur le processus décisionnel. C’est ce qu’a indiqué, hier à Oran, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, à l’ouverture du 10e Séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique.

A cette occasion, il a réaffirmé l’engagement de l’Algérie à jouer un rôle actif dans la promotion de la paix et de la sécurité en Afrique, et appelé à une approche collective et concertée pour relever les défis auxquels le continent est confronté.

Le processus d’Oran intervient cette année dans un contexte marqué par l’intensification des tensions et des crises, dans plusieurs pays africains notamment au Sahel, où le terrorisme et l’instabilité politique constituent une menace majeure pour les Etats et les populations. L’Algérie intensifie ses efforts pour faire face aux fléaux du terrorisme et du crime organisé, la prolifération des foyers de tensions et de conflits et la réitération des changements non constitutionnels des gouvernements. L’Algérie œuvre à la résolution des crises et conflits par le dialogue, prônant la voie diplomatique, et ce, dans l’intérêt de toutes les parties.

La rencontre d’Oran est également une opportunité pour les autorités algériennes d’exposer leur point de vue quant à la nécessité de réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, afin d’instaurer un nouvel ordre mondial basé sur l’égalité.

Pour s’imposer au niveau international comme un acteur incontournable et écouté, «l’Afrique n’a d’autre option que d’unir ses rangs et d’unifier sa parole pour éviter les effets des tensions et des polarisations actuelles, et pour faire aboutir ses objectifs stratégiques représentés par la correction de l’injustice historique à laquelle elle est confrontée au Conseil de sécurité, en activant les solutions africaines aux problèmes dont souffrent les pays et les peuples africains en matière de sécurité, politique et économique», a expliqué le chef de la diplomatie algérienne.

Dans ce contexte, M. Attaf a estimé que l’ONU, qui traverse un effondrement du système de sécurité collective et, par conséquent, la paralysie presque complète de son Conseil de sécurité limitant ainsi sa capacité à répondre aux défis actuels, a grand besoin « de la voix africaine, de la voix de la sagesse,  de l’engagement et de la responsabilité ».

Le MAE algérien a saisi l’occasion de la tenue de cet événement continental incontournable sur la paix et la sécurité pour souligner l’engagement inlassable de l’Algérie en faveur des causes africaines, tout en ajoutant que cette rencontre offre l’opportunité, aux pays africains membres au Conseil de la paix et de la sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) et les membres africains au Conseil de sécurité de l’ONU ainsi qu’aux partenaires, de se concerter sur les questions sécuritaires urgentes et d’adopter une feuille de route commune pour parvenir à des solutions durables.

Attaf a souligné que la communauté internationale est aujourd’hui témoin des graves répercussions du retour de la politique de polarisation entre les puissances mondiales et des résultats désastreux de la montée de l’option de la force comme moyen de résoudre les conflits, faisant fi de la légitimité internationale, désormais piétinée, sans aucun respect aux devoirs dictés par l’appartenance à un système international civilisé et le retour de la méthode sélective dans la détermination des priorités internationales, laquelle méthode relègue les priorités africaines au dernier plan.

« Cette situation reflète en toute crédibilité, objectivité et transparence la situation de crise dans les relations internationales, constituant la plus grande menace à la paix et à la sécurité internationales», a ajouté M. Attaf. Il a, dans ce sens, cité à titre d’exemple la situation dramatique dans la bande de Ghaza, «endeuillée, qui est devenue un cimetière des principes juridiques fondamentaux sur lesquels repose le système international actuel, censé demeurer une référence pour tout le monde sans discrimination, préférence ou exclusion ».

Il a notamment déploré que les civils palestiniens soient privés du droit à la protection garantie par le droit international pour les peuples sous occupation, au moment où les appels du Secrétaire général des Nations Unies n’ont pas trouvé d’échos. Tout cela a poussé le MAE algérien à dire que le monde est face à un tournant fatidique qui déterminera inévitablement l’avenir du système international dans son ensemble, avec les règles, contrôles et mécanismes sur lesquels il est fondé, érigé et établi par la Charte des Nations Unies.

S’agissant du continent africain, les défis sécuritaires ont pris récemment, selon M. Attaf, des proportions très graves et inquiétantes à la suite de l’intensification des immixtions étrangères et des conflits de leurs intérêts, qui ont entraîné une détérioration inédite en matière de paix et de sécurité. Il a dans ce contexte prévenu que le continent africain traverse une phase délicate, pleine de contradictions et mêlée d’espoirs.

Le ministre a, en outre, évoqué les progrès réalisés dans la concrétisation du projet d’intégration continentale, notamment à la lumière de la poursuite des efforts visant à activer la zone de libre-échange continentale, qui est en elle-même un outil à part entière, pour parvenir au développement économique et au progrès social en Afrique.

Il a également abordé les défis imposés par la détérioration de la situation sécuritaire et politique à grande échelle et de plus en plus rapide au niveau continental, notamment dans la région sahélo-saharienne, devenue un symbole de l’absence de sécurité et de stabilité. «Toutes les évolutions nous imposent une nouvelle réalité que nous devons affronter dans un esprit de responsabilité, de fermeté et de rigueur, fondée sur le système de valeurs, de principes et d’idéaux sur lequel et pour lequel notre organisation continentale a été fondée, et sur laquelle nous sommes guidés pour encadrer notre travail collectif commun en Afrique et pour contrôler nos relations avec le reste du monde », a souligné Ahmed Attaf.

Dans cette perspective, a-t-il ajouté, l’Algérie estime que le parachèvement du projet d’intégration et d’unité africaine doit s’accompagner de mesures pratiques et efficaces, permettant au continent de se positionner en tant qu’acteur influent dans le processus de reconstruction des équilibres au niveau mondial.

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