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Nationale

Ouyahia va-t-il réanimer son idée d’alliance présidentielle ?

Ouyahia va-t-il réanimer son idée d’alliance présidentielle ?

Le président Abdelaziz Bouteflika a indiqué dans le dernier Conseil des ministres que « les partenaires sociaux et le gouvernement sont en devoir de faire preuve de solidarité et de coordination, pour garantir la progression des réformes dans la paix sociale.

Les travailleurs sont donc appelés, chacun dans leur secteur, à redoubler d’efforts pour faire avancer les réformes destinées à moderniser la gestion du pays et notamment l’efficacité et la compétitivité de son économie, pour offrir au pays
des revenus substantiels à même de garantir, sur le long terme, la pérennité de la justice sociale et de la solidarité nationale. »

Plus loin encore dans le texte, le chef de l’Etat met l’accent, non plus seulement sur la solidarité et la coordination entre gouvernement et partenaires sociaux, mais aussi sur l’adhésion des formations politiques, en soulignant qu’il « appartient donc à chacun de nous, par delà tout clivage, y compris politique, de s’associer à la préservation de l’indépendance économique et financière du pays par l’adhésion aux réformes et aux efforts que cela requiert « .

Il s’agit bel et bien d’un appel aux organisations patronales, à la Centrale syndicale, aux syndicats autonomes corporatistes et aux partis politiques de l’opposition pour soutenir cette démarche que le gouvernement veut appliquer le plus rapidement possible.

Il est bien évident qu’une telle feuille de route, ambitieuse, que Ouyahia veut faire adopter par les deux Chambres parlementaires, exige une révision totale de l’ordre du jour de la tripartite et un examen détaillé des questions et des dossiers en suspens et qui fâchent. Il n’est pas exclu que le gouvernement fasse appel à d’autres partenaires sociaux pour intégrer cette tripartite.

Cependant, bien qu’il soit encore trop tôt pour juger de l’initiative du chef de l’Etat, des observateurs avancent l’hypothèse toute politique que cet appel serait le point de départ pour la constitution d’une alliance nationale élargie à des forces politiques et sociales.

C’était déjà l’idée bien ancienne de l’actuel Premier ministre Ahmed Ouyahia qui voulait, en 2015, créer un front politique regroupant tous les partis qui adhéraient à la mouvance présidentielle, notamment ceux qui ont soutenu le programme du quatrième mandat.

On connaît la suite. Cette idée fut balayée d’un revers de main par le tonitruant ex-SG du FLN, Amar Saâdani, qui refusa catégoriquement cette proposition, allant jusqu’à défier le RND en lançant son propre front politique de lilliputiens. Un front mort-né et qui n’a même pas eu le temps de se structurer, réalisant un seul « méga-meeting « grâce au show de Saâdani.

En fait, le président Bouteflika réanime indirectement cette idée d’alliance. Il offre, ainsi, une véritable rampe de lancement au projet cher à Ouyahia. Il lui donne également des prétextes économiques, ceux de la conjoncture marquée par la crise des finances publiques et des grands déficits budgétaires.

D’ailleurs, le simple fait d’aller vers la planche à billets, même à titre provisoire, est une opération complexe et très risquée, d’où l’appel présidentiel à une adhésion aussi large que possible des forces politiques et sociales. C’est un défi énorme que de recourir aux financements non conventionnels, d’autant que cela permet d’éviter à court terme des contrecoups et des révoltes préjudiciables à la stabilité du pays.

Ce recours va surtout obliger Ouyahia à éviter de « pondre » une loi de finances 2018 plus rigoureuse et plus austère. Le gouvernement sera donc appelé à « mesurer » l’ampleur des nouvelles taxes et autres augmentations, tout en préservant la « nature sociale « de l’Etat algérien, celle du soutien aux couches défavorisées et le maintien « contrôlé » des subventions des produits de large consommation.

Or, la planche à billets comporte des risques sur la paix sociale et est porteuse de « déséquilibres inflationnistes « , dont on ne connaît pas encore les conséquences néfastes.

L’opposition et certains économistes pessimistes brandissent déjà le syndrome vénézuélien comme une fatalité. D’où l’idée de revenir à la mise en place d’une alliance présidentielle qui soutiendrait ce programme, seule structure politique susceptible de maintenir une cohésion, une coordination et une solidarité entre toutes les forces politiques qui sont dans la mouvance présidentielle. Au moins jusqu’à l’élection présidentielle de 2019.

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