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Nationale

Ouyahia revêt son costume d’opposant

Ouyahia revêt son costume d’opposant

Le problème a atteint des proportions vertigineuses dans cette campagne électorale. Même si pour l’instant aucun parti n’a été pris la main dans le sac, tous les chefs de parti sont unanimes à dénoncer cette pratique dite de « la chkara » qui a pris des proportions dangereuses.

Tout le monde soutient que la loi électorale de 2012 a montré ses limites : l’incapacité à cerner l’argent sale de la campagne pose problème.

La Haute instance des élections, elle non plus, n’exerce pas un pouvoir de contrôle dans ce domaine. De ce fait, cette élection enregistre une disproportion entre les moyens à la disposition de chaque candidat. Bien sûr, les garde-fous juridiques sont là, mais rien n’y fait.

Les candidats véreux arrivent toujours à contourner la loi, qui présente des brèches par lesquelles la corruption finit tôt ou tard par s’infiltrer. Seul moyen de pouvoir contrôler cet argent : tout candidat doit déposer un état détaillé, avec des pièces justificatives, de ses dépenses électorales près la Cour des comptes.

A défaut, il risque jusqu’à la déchéance de son mandat. A défaut, le candidat qui refuse de déposer un état des dépenses ou dépasse le plafond fixé, ou encore ne justifie pas les sources du financement ainsi que le fait de ne pas joindre les pièces justificatives à l’état des dépenses devrait entraîner sa déchéance de son mandat. Et ce, pour une plus grande transparence des campagnes électorales.

 La première à mettre dès les premiers jours de la campagne, le doigt sur cette plaie est la SG du PT, Louisa Hanoune, qui a soutenu jeudi dernier à Tizi Ouzou que « les élections sont polluées par l’argent sale » et qu’un tel fait ne fait que « démoraliser » les citoyens et les amener à s’abstenir de voter le 4 mai prochain.

Mme Hanoune a, dans ce sillage, accusé le président de la Haute instance indépendante de surveillance des élections (HIISE), Abdelwahab Derbal, de « faire l’impasse sur les nombreuses requêtes » émanant de l’opposition au sujet de ces irrégularités, dont l’usage de l’argent sale.

Pour elle, il est inadmissible que devant l’utilisation des moyens de l’Etat et le harcèlement des fonctionnaires pour faire campagne en faveur des partis au pouvoir, le président de cette commission continue à affirmer que la campagne électorale « se déroule dans de bonnes conditions ».

Abdelmalek Bouchafa, le premier secrétaire du FFS, est catégorique. S’adressant à une foule de partisans, il révèle : « Vous êtes bien placés pour savoir que l’argent sale et l’oligarchie ont gangrené la politique locale et nationale, allant jusqu’à peser sur les choix des listes. »

 Il a dénoncé avec force la présence, partout, des oligarques en tête de liste : « Les oligarques ont utilisé leurs agents pour conduire des listes de parti à l’effet d’infiltrer l’Assemblée populaire nationale. Une fois installés, ils ne serviront que leurs intérêts pour assurer leur pérennité », dénonce-t-il.

Saâdani pollue la campagne de Ould Abbès

L’intrusion intempestive de Amar Saâdani, l’ex-SG du FLN, dans cette campagne électorale, n’arrange nullement les choses pour Djamel Ould Abbès qui essaye tant bien que mal de solder les comptes de son prédécesseur depuis sa prise de fonction en octobre 2016.

Cette sortie médiatique de Saâdani est-elle à mettre sur le compte d’un militant qui veut donner un coup de main à sa formation ou pour polluer la campagne de son successeur ?

En tout état de cause, la réponse de l’actuel SG du FLN ne s’est pas fait attendre. Vingt-quatre après cette intrusion, Ould Abbès sans le nommer, répond à Saâdani en l’invitant, lui et ses pairs qui « spéculent » sur les listes du parti aux prochaines élections législatives, « à les aider » par le silence : « Le peuple est content de toutes les listes du parti à l’échelle nationale et la victoire est inéluctable car elle viendra au soir du 4 mai prochain.

Et à ce moment-là, bien des convoitises ne manqueront pas de se manifester », affirmait Ould Abbès vendredi à la coupole du complexe olympique à Mohamed-Boudiaf Alger. « Des convoitises de la part de ceux qui avaient fait montre de réticences et de réserves à l’entame de l’opération de confection des listes électorales il y a de cela près de quatre mois », selon Ould-Abbès.

La guerre entre les deux personnalités du parti est-elle déclarée ? Pendant ce temps Ahmed Ouyahia, le SG du RND, loin de ces querelles de leadership et après avoir ciblé dans un premier temps le SG du FLN, est monté d’un cran dans ses attaques en attaquant le Premier ministre Sellal.

Ce dernier, qui a décidé de faire campagne (pour qui ?) est désormais dans le viseur du SG du RND, qui voit d’un mauvais œil son activisme débordant. 

Le Premier ministre a pris la décision de sillonner le pays en pleine campagne des législatives, avec comme raison des visites d’inspection. Une occasion pour défendre son bilan à la tête du gouvernement, un gouvernement à majorité FLN, puisque 14 ministres en font partie.

Après avoir abordé plusieurs dossiers brûlants, Ouyahia a attaqué ses adversaires potentiels, dont Sellal : « Il y avait des demandes d’augmentation de salaires. Moi je disais que les salaires augmenteraient avec l’augmentation de la production », a expliqué le leader du RND avant d’ajouter : « Certains camarades parlaient d’aisance financière !

J’aimerais bien que vous leur demandiez où est cette aisance. » Une attaque précise, chirurgicale et à propos, que Sellal et le FLN auront du mal à réfuter. Si jusque-là la campagne électorale de Ouyahia semble tenir la corde, la dernière charge contre le FMI tombe comme un cheveu dans la soupe.

Pourquoi Ouyahia a-t-il cru nécessaire de fustiger le Fonds monétaire alors qu’aucun accord avec cette institution ne pointe à l’horizon ? A moins que, mis dans le secret des dieux,- il est le directeur de cabinet de la présidence de la République- Ouyahia ait perçu quelques « signes » d’en haut, ce qui justifie ces attaques répétées à l’endroit du Premier ministre : « Nous subissons de fortes pressions extérieures. Nous avons des problèmes, notamment économiques, que nous devons traiter nous-mêmes.

Car le FMI nous a à l’œil et cherche à nous imposer sa vision, comme dans les années 1990 », avertit Ahmed Ouyahia qui ajoute : « Le FMI veut que l’Etat abandonne son caractère social, qu’il cesse de subventionner les produits de première nécessité, qu’il soutienne les prix des carburants, de l’eau et de l’électricité, que l’Etat dégraisse les effectifs de la Fonction publique et qu’il arrête son soutien à l’investissement », dit-il encore.

Au final, Ahmed Ouyahia avertit contre le retour à l’endettement extérieur, qui donnerait au FMI et à la Banque mondiale le droit d’ingérence dans la gestion des finances publiques ». Faut-il le croire ou bien devrait-on mettre ces propos sur le doit d’une simple campagne électorale pour amadouer un peuple qui subit un conditionnement sans limite, d’abord sur la sécurité nationale et ensuite sur la crise financière et ses effets néfastes sur le pouvoir d’achat du citoyen. 

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