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Nationale

Ouyahia : «Je n’ai rien à vous cacher…»

Ouyahia : «Je n’ai rien à vous cacher…»

La crise et bien là, réelle menaçante même. La crise annonce des lendemains incertains pour l’économie nationale et les citoyens en particuliers. L’Algérie a été déjà confrontée à une telle une crise en 1986.

Mais cette fois les réserves de change peuvent tenir 23 mois au lieu de six mois à l’époque. Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a avancé devant les députés que les réserves de change vont fondre à l’horizon 2018 pour atteindre 103 milliards de dollars alors qu’elles avaient atteint le seuil historique de 190 milliards de dollars en 2014.

Soit une baisse de 93 milliards de dollars en moins de trois ans ! Les temps sont durs, les finances de l’Etat vont mal et le gouvernement a décidé enfin à dire la vérité aux Algériens.
Il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’Etat. A peine 50 milliards de DA.

C’est le Premier ministre Ouyahia qui le confesse : « L’heure est grave. Je n’ai rien à vous cacher. Le solde des caisses publiques ne dépasse pas 50 milliards de DA alors que le pays a besoin de 200 milliards de DA par mois pour fonctionner ». Le déficit est énorme 150 milliards de DA qu’il faudra trouver le plus vite possible pour le combler. Et le miracle a eu lieu.

Ouyahia annonce qu’un montant de 310 milliards de DA a été injecté grâce à la fiscalité pour verser les salaires des fonctionnaires les prochains trois mois. La vraie valeur de la fiscalité non recouvrée est de 2500 milliards de DA, a indiqué Ouyahia affirmant qu’un nombre de dossiers « étaient au niveau du tribunal administratif » et d’autres sont en cours de récupération à travers les démarches du ministère des Finances. Idem pour la lutte contre la corruption.

Cette pratique loin de cesser a pris une nouvelle et inquiétante tournure lors de la dernière décennie. L’ancien ministre du Commerce feu Belaid Bekhti avait lui-même révélé que la fraude commerciale liée à la surfacturation a atteint le seuil de 30 milliards de dollars soit 600 milliards de DA.

Cette surfacturation, qui permet aux opérateurs du commerce extérieur de transférer illicitement des devises vers l’étranger, a énormément renchéri le coût des importations : « Ce sont souvent les nationaux qui sont impliqués » dans les transferts de devises, a-t-il ajouté en notant que ces opérateurs « ont créé des sociétés écran » à l’étranger et ont ainsi le statut de « vendeurs et acheteurs ».

« Ils se sont rendus coupables de ces transferts qui ont pris une ampleur inquiétante », a accusé le ministre.Or le secret bancaire en vigueur en Algérie est un obstacle à la lutte contre le blanchiment d’argent. Il ne permet pas à l’institution financière de donner des informations sur le propriétaire du compte. En outre, il n’y a pas de collaboration réelle entre les banques et la justice dans la lutte contre le blanchiment d’argent.

Pourtant, les banques sont les premières concernées par la lutte contre le phénomène. A chaque affaire judiciaire liée à la corruption, la justice est confrontée à l’absence de données permettant de remonter aux sources des biens des personnes inculpées.

Le parquet ne s’autosaisit que sur preuve tangible, autrement dit que si le mis en cause est inculpé dans une affaire. Or, devant l’absence de banques de données il est pratiquement impossible de prouver des crimes de corruption sauf en cas de flagrant.

S’agissant des fonds de l’économie parallèle, le Premier ministre a indiqué que les chiffres présentés par le gouverneur de la Banque centrale montrent que le montant de la masse monétaire issu de l’informel est estimé à juillet 2017 à 2700 milliards de DA en circulation sur le marché parallèle soit l’équivalent de 29 milliards de dollars, loin des 14 000 milliards avancé par l’opposition. Enfin, Ouyahia a apporté quelques éléments de réponses aux créances détenues par l’Etat au titre de prêts accordés aux entreprises publiques et privées.

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