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Nationale

Ouyahia et Mezrag même combat

Ouyahia et Mezrag même combat

Un Ouyahia hors temps et hors normes, un Sellal méconnaissable et Mezrag Madani qui se défoule sur Benflis, voilà en résumé les moments forts de cette fin de semaine, qui en annonce d’autres.

Le SG du RND par intérim, Ahmed Ouyahia, a pris l’habitude, depuis qu’il est entré par la grande porte dans la vie politique en 1995 à l’occasion d’une conférence de presse (il était à l’époque conseiller du président Zeroual) d’accuser des parties de vouloir porter atteinte à la sécurité de l’Algérie et de leur conseiller de se regarder dans la glace et voir ce qui ne va pas réellement.

Pour Ouyahia, si la situation politico-financière ne prête pas aujourd’hui à l’optimisme, la faute en incombe d’abord aux autres et non aux politiques actuelles du gouvernement. Si l’ennemi intérieur est cette fois-ci-démasqué-il s’agit du président du MAK (non agréé), Ferhat Mehenni-, l’ennemi extérieur reste à trouver.

Homme fort du régime durant plus de vingt ans, incrusté depuis très longtemps au cœur du pouvoir, au carrefour de l’action publique, Ouyahia s’affirme de plus en plus comme celui qui fait office de rempart face à une opposition politique sonnée par les récents changements opérés au sein du DRS.

Pourtant, tout le monde croyait révolu le temps où il était bon de mettre le malheur de l’Algérie sur le dos des autres. Et là Ouyahia revient à son péché mignon : montrer du doigt des parties invisibles pour cacher le manque de rigueur et la gestion hasardeuse des officiels. « Le danger ne vient pas seulement de l’extérieur. L’Algérie est menacée aussi par l’intérieur.

La menace émane des partisans de la transition. Le peuple qui a brisé la période de transition vécue entre 1992 et 1995, avec une élection présidentielle libre et transparente, n’acceptera jamais un retour en arrière », a-t-il dit.

Sellal au secours de l’entreprise

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal voulait sans doute donner à cette rencontre tripartite (gouvernement-syndicat-patronat) organisée à Biskra, loin d’Alger, un caractère social et populaire. Mal lui en prit puisque celle-ci a débouché sur un plaidoyer pour l’entreprise ; en témoigne le communiqué final qui parle de poursuite des efforts visant à améliorer l’environnement des entreprises, à renforcer la confiance des investisseurs et a développer la capacité d’ajustement des stratégies sectorielles devant stimuler la croissance ».

Le travailleur algérien, représenté en la circonstance par l’UGTA, est oublié et sacrifié sur l’autel de la productivité et la rentabilité chères aux patrons. Cependant, à la différence des fois précédentes, tout se déroule sur un fond de marchés nerveux ; les cours du pétrole dégringolent alors que la croissance extrêmement fragile ne semble pas pouvoir résister.

Sellal a même évoqué l’argent du trabendo pour pallier le manque à gagner dû à la chute brutale du prix du pétrole. Selon lui, « l’argent légitime de l’informel » doit être remis dans le circuit bancaire. De l’argent acquis au marché noir à travers la vente des produits prohibés donc interdits, que le gouvernement veut canaliser.

Cette énorme masse d’argent qui circule encore à travers les circuits informels est devenue d’un seul coup « bonne à prendre ». Aujourd’hui personne ne peut affirmer que cet argent n’a pas servi les maquis terroristes ou leurs commanditaires.

Madani Mezrag tel un ver nu

L’ex-chef terroriste revient encore sur le devant de la scène à travers, cette fois, un communiqué rendu public à défaut d’une apparition à la télévision-il n’est plus le bienvenu depuis que le gouvernement a fermé récemment la chaîne El Watan- mais pour fustiger Ali Benflis, le président de Talaiou El Houriet et demander pardon au président Bouteflika qu’il a violemment pris à partie lors de son passage à El Watan TV justement. Selon lui, la presse a déformé ses propos et instrumentalisé une partie de son intervention. 

« Ils (la presse) ont saisi l’occasion de notre conflit passager avec le président, causé par une fausse expression dans un discours qui m’a été attribué », dit-il avant d’ajouter : « Ils se sont précipités et ont écrit de faux articles et déformé des propos ».

L’ex-chef de l’AIS a finalement préféré battre en retraite que d’affronter le glaive de plûtotla toute-puissante justice : « Je retire mes propos concernant la riposte forte que j’ai préparée pour le Président (Bouteflika) et j’ai décidé d’écrire une lettre sincère et forte pour donner au Président des conseils et lui rappeler ses promesses sur la charte » ajoute-il.

En revanche, il enfonce un peu plus Ali Benflis, qui a affirmé n’avoir pris « aucun engagement » pour le retour de Mezrag sur la scène politique : « Si Ali Benflis a dit et s’est trompé. Il a parlé et il aurait dû se taire », lâche-t-il. Selon lui Benflis est un homme responsable appartenant au courant conservateur « qui connaît bien le danger de cacher la vérité » et celui d’une « fausse déclaration ». 

Il le soupçonne enfin de se préparer à l’investiture suprême : « Vos ambitions vous ont aveuglé et vous vous êtes suicidé sur le plan politique », écrit Mezrag.

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