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Ould Salek : «La RASD n’acceptera plus la reproduction de l’expérience de 1991»

Ould Salek : «La RASD n’acceptera plus la reproduction de l’expérience de 1991»

Alors que le nouveau secrétaire d’Etat américain, Antony Blenkin, a exhorté il y a une semaine le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, de procéder à la désignation d’un nouveau envoyé personnel pour le Sahara occidental afin de relancer le processus politique, la RASD affiche sa disponibilité quant à la coopération avec les instances onusiennes et met en garde contre la reproduction de l’expérience de 1991.

C’est ce qui ressort de la déclaration du ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, ce lundi à Alger, précisant que l’agression du Maroc le 13 novembre 2020, ayant essoufflé le cessez-le-feu, a relégué le conflit saharo-marocain à la case de départ.

Pour la RASD, les choses sont claires. Il y aura plus de cessez-le-feu avant de fermer la porte à toutes les manœuvres que pourrait ourdir l’Administration du Makhzen en connivence avec ses alliés au sein du Conseil de sécurité. «La République arabe sahraouie démocratique (RASD) exprime sa disponibilité permanente à coopérer avec l’Organisation des Nations unies pour qu’elle tiennent ses engagements permettant au peuple sahraoui d’accéder à son droit inaliénable d’autodétermination.

Désormais, l’Etat sahraoui ne permettra pas de reproduire l’expérience amère et douloureuse, laquelle a duré trente ans d’attente marqués par le trépignement de la doctrine de l’ONU concernant les causes liées à la décolonisation et au déni de ses décisions», a déclaré M. Ould Salek lors d’une conférence de presse.

Le chef de la diplomatie sahraouie a souligné aussi que la RASD est prête à collaborer avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine aux fins d’appliquer sa dernière décision prise à l’issue de la session extraordinaire tenue le 9 mars dernier, plaçant le dossier sahraoui dans son contexte réel et mettant en avant la responsabilité de l’organisation continentale quant à l’application des décisions émises.

M. Ould Salek a toutefois accusé «le Conseil de sécurité de l’ONU d’être responsable de la dégradation de la situation sécuritaire dans les territoires sahraouis», notamment El-Guerguerat, zone de reprise de la lutte armée provoquée par l’agression des forces marocaines contre les manifestants sahraouis civils, lesquels revendiquaient la fermeture de la brèche illégale dans cette zone. Dans ce sillage, le ministre a fait état d’une agression accrue et féroce menée par les forces marocaines contre les Sahraouis depuis le 13 novembre 2020.

Pour ce qui est de la réunion du Conseil de sécurité, prévue le 21 avril, le ministre a affirmé qu’elle sera consacrée à l’évaluation des dernières évolutions qu’a connues le conflit, tout en tenant compte du mandat de la MINURSO (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental), censée prendre fin au mois d’octobre prochain, sans pour autant prédire une quelconque décision.

Evoquant l’organisation du référendum d’autodétermination, le chef de la diplomatie sahraouie a indiqué que «les listes des votants existaient et qu’elles avaient été remises en 1999 aux deux parties ainsi qu’à l’ONU», ajoutant que ce référendum est un compromis entre l’annexion défendue par le Maroc et l’indépendance comme finalité revendiquée par le peuple sahraoui.

Selon ses précisons, l’UA a commencé en 2013 à faire pression sur l’ONU afin d’arrêter une date précise pour la tenue du référendum, mais rien n’a été fait. Et c’est pour cette raison, a-t-il argué, que l’Organisation continentale n’attend plus les Nations unies lors de ses réunions et demande aux deux parties impliquées dans le conflit, à savoir le Royaume du Maroc et la République sahraouie, de s’asseoir à la table des négociations afin de trouver une solution, et ce sur la base du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et du principe «4» de la Charte de l’UA. Ce dernier, a-t-il dit, interdit aux Etats membres de l’UA un excès de

territoire et exige le respect des frontières héritées de l’époque coloniale. Le ministre des AE a expliqué que ce processus, conjoint et initié par l’UA, a été organisé en 1975 durant la colonisation espagnole puis a été saboté par le Maroc, soutenu par la France, lequel préparait l’agression de cette époque.

Et depuis, a-t-il poursuivi, le processus a été marqué par les tiraillements entre les deux belligérants et il a même été utilisé pour geler toute avancée dans la décolonisation des territoires sahraouis. Pour la RASD, les choses sont désormais claires.

Il n’y aura plus de reproduction des anciens schémas et le cessez-le feu n’aura pas lieu sans fermer la porte à toutes les manœuvres que pourrait ourdir l’Administration du Makhzen en connivence avec ses alliés au sein du Conseil de sécurité.

Il a conclu en rappelant que le Front Polisario avait accepté la voie référendaire comme concession et compromis pour une sortie démocratique, affirmant que la lutte du peuple sahraoui n’est pas pour un référendum mais plutôt pour la satisfaction de son droit à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à sa souveraineté.

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