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Nationale

Ould Abbès : «Personne ne nous dicte ce que l’on doit faire»

Ould Abbès  : «Personne ne nous dicte ce que l’on doit faire»

Le SG du FLN, Djamel Ould Abbès, a rejeté les insinuations du président français Emmanuel Macron quant à un éventuel retour en Algérie des harkis et des pieds-noirs.

Ould Abbès, qui s’exprimait samedi dernier au siège du parti devant les militants du FLN, a indiqué au sujet des déclarations de Macron concernant le dossier de la mémoire que « les déclarations du président français étaient louables », soulignant l’attachement du FLN à sa position qui rejette le retour des harkis en Algérie. « Personne ne nous dicte ce que l’on doit faire », a-t-il soutenu à ce sujet.

Le président français avait insisté à Alger sur « la réconciliation des mémoires », appelant par la même occasion l’Algérie à faire « un geste fort ». Quand Macron parle de réconciliation des mémoires, il ne cache pas sa compassion pour « ces Français qui aiment l’Algérie et qui veulent revenir en Algérie ».

Il avait évoqué les harkis qui ont été honorés à la veille de sa visite en Algérie. Il avait évoqué aussi les pieds-noirs qui sont encore nostalgiques de l’Algérie et veulent y revenir pour récupérer les biens qu’ils avaient abandonnés en 1962.

Pour le SG du FLN, « un harki restera toujours un harki. C’est un traître qui a choisi son camp lorsque notre peuple se faisait bombarder au napalm », a-t-il soutenu avant de nuancer ses propos. « Diplomatiquement, cela relève du président de la République. Nous n’entrons pas dans les six mètres réservés au chef de l’État. C’est lui qui sait quand et comment il répondra à Macron », conclut-il.

Dans son livre paru en avril 2015 chez Actes Sud, « Le dernier tabou » qui traite des harkis restés en Algérie après l’indépendance, le journaliste et écrivain Pierre Daum relate dans son enquête qu’environ 450 000 hommes adultes algériens « ont porté l’uniforme français à un moment ou un autre de la Guerre de libération. Sur ces 450 000 hommes, 25 000 sont partis en France.

Des milliers et des milliers ont ensuite été assassinés. Mais au final, la grande majorité des harkis est restée en Algérie sans être tuée », écrit-il. Pour la première fois, le président Abdelaziz Bouteflika aborda officiellement la question des harkis au cours de la campagne pour le référendum sur la Charte pour la paix et la réconciliation nationale soumise au vote le 29 septembre 2005.

Le président Bouteflika reconnaîtra lors d’un meeting, cette année-là, au stade Boumezrag de Chlef, des « erreurs à l’encontre des familles et des proches des harkis » et que « les enfants des harkis ne sont pas responsables des actes de leurs parents ».

En Algérie, la question des harkis et des pieds-noirs a été abordée en 2004 au cours du 10e congrès de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM) qui, faisant la distinction entre les motivations des uns et des autres, estime possible le pardon aux harkis qui n’ont pas fait usage de torture contre le peuple algérien.

Cette déclaration est interprétée comme un message à l’adresse du président Bouteflika de ne pas intégrer les harkis dans la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, perçue et présentée avant l’ouverture de la campagne comme devant être une loi portant amnistie générale.

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