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Nationale

Opep : 1 000 milliards de dollars de manque à gagner

Opep : 1 000 milliards de dollars de manque à gagner

Colossal manque à gagner pour l’OPEP. La chute des prix a créé en deux ans un vrai gouffre pour les producteurs du cartel. Le chiffre révélé par le secrétaire général de l’OPEP est effarant et montre l’ampleur des pertes de ces Etats depuis l’effondrement des cours en 2014.

Environ mille milliards de dollars, selon le Nigérian Mohamed Barkindo. « Cette industrie pétrolière a perdu près de 1000 milliards de dollars en termes de projets reportés, voire complètement annulés.

C’est la plus grande menace qui pèse sur la sécurisation de la chaîne de distribution du brut », a déclaré le SG de l’OPEP à Abuja. Il a affirmé qu’en termes de revenus nationaux, l’OPEP a perdu un montant cumulé de près de 1000 milliards de dollars, soit un effondrement des prix du brut de plus de 80% en deux ans.

C’est sans doute ces dégâts qui ont poussé les membres du cartel et leurs partenaires à revoir leurs stratégies commerciales et surtout à créer de nouvelles synergies économiques. Le plus dur aura été de mettre en place une convergence dans les analyses avant de relancer une unité dans la démarche. D’âpres négociations ont eu lieu et des médiations tenaces, grâce entre autres à l’Algérie, ont pu arracher des accords à Alger d’abord en septembre dernier, puis à Vienne fin novembre.

Ces accords de réduction de la production, jusque-là bien respectés, pourraient bien être renégociés du fait que leurs effets immédiats n’ont pas été probants. D’ici mai, où un sommet de l’OPEP est prévu, un recadrage de cet accord est programmé en raison des évolutions récentes du marché mondial du pétrole, et des craintes des producteurs.

Car, il est bien évident que certains membres de l’OPEP ne sont pas encore satisfaits de l’actuel cours du baril. Selon des sources de presse spécialisées, la stagnation actuelle aux alentours de 56 dollars le baril ne sert pas les intérêts de l’OPEP et ne répond pas aux objectifs de l’accord de Vienne. On avance l’idée que l’Arabie saoudite vise à porter les cours à 60 dollars d’ici la fin 2017, ce que l’accord de Vienne ne dit pas expressément.

Cette ambition semble même être épaulée par le Qatar et les Emirats arabes unis, voire par d’autres alliés de la région du Golfe. Cet accord de Vienne parle uniquement de l’objectif de rééquilibrage du marché sans fixer de cours précis, juste une fourchette entre 50 et 60 dollars.

Pourquoi 60 dollars ? Selon les milieux spécialisés, un tel niveau correspondrait à un niveau idéal permettant de soutenir l’investissement dans le secteur pétrolier, d’éviter la pénurie et les fluctuations de crise, sans pour autant encourager la production d’hydrocarbures de schiste aux Etats-unis.

De plus, maintenir le baril à 60 dollars est un bon indicateur pour valoriser au maximum la compagnie publique saoudienne Aramco, dont le royaume veut introduire une partie du capital en bourse. Avec des cours élevés c’est davantage de fonds.

D’ailleurs Gazprom, le géant russe, est favorable à ce seuil des 60 dollars. Selon son patron, ce prix est « acceptable aussi bien pour les consommateurs que pour les producteurs », ajoutant que « cela devrait convenir à tout le monde parce que c’est un prix normal ».

Pour Gazprom, l’accord de Vienne a conduit à la stabilisation des cours qui varient entre 55 et 56 dollars le baril, et si « personne ne transgresse nos arrangements, le prix pourrait atteindre 60 dollars vers la fin de l’année ». Sur les cotations boursières, c’est encore la stagnation, voire un léger recul du Brent qui valait 55,77 dollars le baril. Pour le WTI, c’est en dessous des 53,93 dollars. 

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