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Nationale

ONU : L’Algérie exige la vérité et la réparation sur le dossier des mines coloniales

ONU : L’Algérie exige la vérité et la réparation sur le dossier des mines coloniales

Près de 63 ans après l’indépendance, les séquelles des mines antipersonnel posées par le colonisateur français continuent de marquer le territoire algérien et de faire peser leurs conséquences sur les populations. Devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève, l’Algérie a rappelé que cet héritage meurtrier demeure une réalité humaine, sociale et sécuritaire, tout en plaidant pour une mobilisation internationale accrue en faveur des victimes.

La voix de l’Algérie a de nouveau résonné à la tribune des Nations unies pour rappeler qu’au-delà des conflits, certaines blessures traversent les générations. Intervenant devant le Conseil des droits de l’homme (CDH), à Genève, à l’issue de la présentation du rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) consacré aux effets des mines antipersonnel sur les droits humains, le représentant permanent de l’Algérie auprès de l’Office des Nations unies, Idris Latreche, a souligné que la position algérienne repose sur une expérience nationale particulièrement douloureuse.

« Les conséquences de ces mines antipersonnel ne se limitent pas aux pertes humaines directes, mais s’étendent à un large éventail de droits fondamentaux », a-t-il affirmé, citant notamment les atteintes au droit à la vie, à la santé, au développement et à la liberté de circulation.

L’Algérie a regretté que le rapport du Haut-Commissariat n’accorde pas une place plus importante aux effets persistants des mines héritées de la période coloniale, estimant que leurs conséquences dépassent largement le cadre historique pour continuer d’affecter le présent et l’avenir des peuples.

Le diplomate algérien a rappelé qu’au lendemain de l’indépendance, le pays avait hérité d’un lourd passif de près de 11 millions de mines antipersonnel enfouies par le colonisateur français le long des frontières Est et Ouest.

« Malgré la réussite de l’Algérie à dépolluer son territoire grâce aux efforts de ses enfants et à ses propres moyens nationaux, les séquelles de cet héritage colonial demeurent visibles jusqu’à ce jour, à travers les souffrances des rescapés », a souligné M. Latreche.

Au cours de cette même séance, l’ambassadeur a également porté une déclaration conjointe au nom de la Croatie, du Mozambique, du Pérou, de l’Afrique du Sud, du Royaume-Uni, du Vanuatu et de soixante-dix autres États, consacrée aux conséquences humanitaires des mines antipersonnel.

Cette déclaration appelle la communauté internationale à placer les victimes et les communautés affectées au cœur des politiques de lutte contre ce fléau. Elle insiste sur la nécessité de renforcer les engagements internationaux, notamment à travers une adhésion universelle aux instruments juridiques existants, en particulier la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel.



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