Oncologie : L’Algérie et le CIRC scellent un pacte stratégique
En marge d’une conférence internationale à Alger, le ministre de la Santé et la directrice du CIRC (OMS) ont tracé , ce dimanche, les contours d’une coopération renforcée. Digitalisation des données médicales, plan national 2025-2035, offensive sur la santé de proximité et lancement d’une campagne de vaccination contre le HPV : l’Algérie accélère sur tous les fronts pour moderniser sa riposte face à la maladie.
Cette volonté de coopération stratégique a été réaffirmée lors d’une rencontre de haut niveau tenue samedi à Alger entre le ministre de la Santé, Mohamed Seghir Aït Messaoudène, et la directrice du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC — bras armé de l’OMS), Elisabeth Weiderpass. Les discussions se sont déroulées en marge d’un séminaire international sur la recherche en cancérologie, initié par la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer.
Les deux responsables ont examiné les perspectives de renforcement de la coopération bilatérale dans les domaines de la recherche scientifique, de la prévention et des protocoles thérapeutiques. Preuve de la dimension transversale de l’événement, la réunion s’est tenue en présence du Pr Adda BounedjarAdda Bounedjar Chef de service Oncologie Médicale Centre Anti Cancer CAC BLIDA. Président société Algérienne de Formation et de la Recherche en Oncologie SAFRO. Vice président Arab Médical Association Against AMAAC, président de la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, de Kamel Moula, président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), ainsi que de plusieurs hauts cadres de l’administration centrale.
À cette occasion, le ministre de la Santé a salué le rôle moteur joué par le CIRC dans l’appui aux efforts mondiaux, notamment à travers le développement de la recherche fondamentale et l’amélioration continue des connaissances liées au diagnostic précoce.
Le numérique et la prévention de proximité comme armes de choix
M. Aït Messaoudène a exposé les réformes structurelles engagées au sein du secteur de la santé, mettant en relief la modernisation des systèmes d’information et l’accélération de la transition numérique. Il a notamment souligné « l’importance de la généralisation du dossier médical électronique et de l’identifiant national de santé afin de disposer de données épidémiologiques fiables, indispensables pour éclairer la prise de décision, soutenir la recherche clinique et optimiser la prise en charge des patients ».
Le ministre a par ailleurs affirmé que la recherche scientifique et clinique constitue « l’un des axes fondamentaux de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre le cancer pour la période 2025-2035 », rappelant son apport décisif dans l’évaluation des programmes sanitaires. En parallèle, il a défendu le rôle pivot des structures de santé de proximité (soins de santé primaires, campagnes mobiles de sensibilisation), maillons essentiels pour détecter la maladie à un stade précoce et maximiser ainsi les chances de guérison.
Cap sur le vaccin HPV et l’adhésion au CIRC
Les échanges techniques ont permis d’ébaucher plusieurs chantiers concrets, à l’instar du renforcement de la précision des registres du cancer et de la co-construction d’une feuille de route dédiée au dépistage de masse. Au cœur des annonces figure également le lancement programmé en Algérie d’une campagne d’envergure de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) pour la période 2026-2027. Enfin, les perspectives d’une adhésion formelle de l’Algérie au CIRC ont été discutées, ce qui ouvrirait la voie à un accès privilégié aux réseaux de collaboration scientifique internationaux.
De son côté, Elisabeth Weiderpass a tenu à saluer les investissements de l’Algérie dans la modernisation de sa couverture sanitaire et son maillage de proximité. Réaffirmant « la pleine disponibilité du Centre à accompagner le pays », la directrice du CIRC a promis un solide appui méthodologique, une aide au renforcement des compétences des jeunes chercheurs algériens et l’intégration des équipes locales dans des projets de recherche d’envergure internationale.
Au terme de cette audience, les deux parties ont réitéré leur engagement à pérenniser cette dynamique pour faire de l’innovation médicale un bouclier efficace contre la maladie.