Drogue dures: Ces adolescents qui meurent par overdose – Le Jeune Indépendant
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Nationale

Drogue dures: Ces adolescents qui meurent par overdose

Drogue dures: Ces adolescents qui meurent par overdose

On meurt par overdose de Cocaïne ou d’héroïne quand on a 16 ans en Algérie. Les drogues dures ont relégué le joint ou le « saroukh » comme le surnomment les branchés du milieu au rang des substances qui ne font pas planer.

Face à l’ampleur du phénomène, des médecins tirent la sonnette d’alarme. On évoque des actions urgentes que devraient prendre les autorités pour lutter efficacement contre les trafiquants qui sévissent même autour des écoles et des CEM. C’est ce que justement recommande le Pr Rachid Belhadj, président de l’Académie algérienne de développement des sciences médico-légales.

Le fléau de la drogue, qui touche toutes les franges de la société, dont les plus jeunes, engendre depuis une année et demie une augmentation des décès par overdose. « Le phénomène est devenu de plus en plus complexe et inquiétant parce qu’il y a plus de décès par overdose qui touchent toutes les franges de la société, même les plus jeunes dont des adolescents de 15 à 17 ans », a alerté le Pr Rachid Belhadj lors de son passage sur les ondes de la Radio nationale.

Fort de son expérience d’une trentaine d’années en tant que médecin légiste, il a affirmé qu’« il y a une dizaine d’années, seulement un à deux cas d’overdose était constaté par an. Mais depuis presque dix-huit mois, nous constatons que chaque semaine, nous avons plusieurs cas de personnes décédées par overdose dont des collégiens et des lycéens ».

Face à ce constat, il a appelé à l’« implication de tous pour lutter contre ce fléau », estimant que « c’est une urgence sanitaire ».

Le médecin légiste tient à souligner qu’« en tant que médecin et père de famille, il est de mon devoir d’attirer l’attention des pouvoirs publics afin de dégager une stratégie de lutte contre ce phénomène ». Ainsi, l’une des mesures urgentes à mettre en place dans le cadre de cette stratégie est celle d’un numéro vert qui permet de dénoncer d’une manière anonyme les trafiquants de drogue qui sévissent dans les quartiers. Il a insisté sur le fait que l’« on n’a pas le droit en tant que citoyens de voir des gens qui vendent de la drogue devant des écoles primaires et des CEM et se taire », affirmant que dans « les quartiers, tout le monde les connaît ».

Il a, de ce fait, insisté sur l’importance de l’implication de tous pour lutter contre les trafiquants, affirmant qu’« il faut que les gens dénoncent et brisent la loi du silence. On ne peut pas rester juste spectateurs face à ce fléau qui ravage la société ».

Le médecin légiste a également mis en lumière l’une des conséquences désastreuses de l’utilisation par plusieurs personnes de seringues jetables que lors des autopsies, en plus de la détection de la transmission des virus du sida et de l’hépatite C et le constat que « malheureusement, la nouveauté est l’augmentation des cas d’endocardite infectieuse, qui est une inflammation causée par une infection d’origine bactérienne des tissus internes du cœur ou des valvules. C’est ce qui provoque des chocs septiques et des défaillances cardiaques en rapport avec l’utilisation de ces seringues », a-t-il dit.

De ce fait, il a réitéré son appel à tous les citoyens pour s’impliquer dans cette lutte contre la consommation de drogue, soulignant qu’il est important d’aider ceux qui, « sur le terrain, luttent quotidiennement contre ces trafiquants, en l’occurrence les services de sécurité, à travers les éléments de la gendarmerie et de de police, assistés par les magistrats ».

En outre, le Pr Rachid Belhadj a ajouté, à propos des mesures que l’Etat devrait mettre en place pour lutter contre la consommation de la drogue, notamment chez les plus jeunes, l’introduction des cours de sensibilisation sur les dangers de la drogue dès le cycle primaire. Ainsi, il s’agit de créer des adjoints d’éducation ou des assistantes sociales au niveau des établissements scolaires qui seront chargés de déceler, en coordination avec les enseignants, les cas d’élèves qui consomment de la drogue. Le médecin a affirmé à ce sujet que « le changement de comportement d’un élève et le fait qu’il se retrouve en échec scolaire sont autant de signaux d’alerte pour intervenir rapidement avant que les choses dégénèrent ».

Il a souligné que « certains élèves qui font l’expérience de consommer de la drogue s’arrêtent à cette première fois. Mais souvent, après plusieurs consommations, ils deviennent rapidement dépendants ».

De ce fait, « l’enfant ou l’adolescent qui n’est pas pris en charge rapidement par des spécialistes en addictologie, ni les parents ni l’école ne pourront le prendre en charge » a souligné le Pr Belhadj qui a ajouté qu’« il faut rapidement intervenir car si on n’assiste pas l’élève, il deviendra dangereux pour lui-même et tentera même de se suicider. Mais il deviendra aussi dangereux pour la société en commettant des infractions allant de la simple délinquance jusqu’au crime organisé ».

Par ailleurs, afin d’illustrer l’ampleur de ce phénomène, il a souligné qu’« avant, on recevait des patients pour usage de cannabis ou de haschich, maintenant, ce sont les drogues dures comme la cocaïne, l’héroïne et d’autres substances qui sont des mélanges de plusieurs produits comme la tchoutchna ou encore la Prégabaline baptisée saroukh ».

Il a regretté le fait de l’inexistence de statistiques exactes de l’ampleur du phénomène, notamment concernant les décès en relation avec la consommation accrue des drogues dures. Ainsi, les seules statiques disponibles sont celles des affaires traitées en justice. Pour le cannabis, « nous sommes passés de 3 197 affaires traitées par la justice en 2015 à 38 280 en 2022, et pour les psychotropes, de 16 100 affaires en 2015 à 376 000 affaires en 2022 ».

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