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Op-Ed

On a commencé petits, très petits

Je remercie le journaliste Noureddine Khelassi de m’avoir fait découvrir le livre de Mohamed Said Mazouzi (Allah yarhmou) “J’ai vécu le pire et le meilleur”, et je le prie en même temps de me pardonner tout ce que je vais dire sur cet ouvrage.

Quand j’ai entamé sa lecture, je m’attendais à des mémoires, à une petite autobiographie, à un moment d’Histoire de l’Algérie, en tous cas à tout sauf à ce ramassis d’anecdotes à la Yahia Rahal (Allah Yarhmou) dans “Histoires de pouvoirs”, un recueil de blagues sur le président Chadli Bendjedid présenté comme une contribution à l’Histoire de l’Algérie.
On est d’abord effaré par le mélange de gêne et de fierté de Mazouzi quand il évoque son père. Gêne de dire que c’était un Caïd mais fierté quand même d’appartenir à une famille “noble”, reconnue par la France.
Tout le long de l’ouvrage, on est d’ailleurs frappé par les références multiples aux Marabouts et famille de Marabouts qui peuplent sa vie. Il évoque avec déférence chaque famille issue d’un Mrabet ! Un Wali (Préfet et non un saint de zaouia) qui doit déguerpir à cause de son incompétence, est ménagé parce qu’il est descendant de Mrabet !
Ce qui est encore plus désolant est sa description du régime et du fonctionnement de l’Etat.
Quand on lit comment il justifie son “droit” à s’occuper des affaires judiciaires parce qu’il est Wali de Tizi Ouzou et comment il “explique” au procureur général qu’ils doivent collaborer avant de poursuivre des délinquants, on se demande comment l’Algérie n’a pas été emportée dès la première année de l’indépendance !

J’ai failli lâcher cent fois ce “livre” : la manière dont était conçu le fonctionnement des institutions donne froid dans le dos : une bande d’amateurs, braves peut-être mais bouchés à l’émeri.
Le passage sur sa soi-disant “opposition” au président Houari Boumediene suite au coup d’Etat de 19 juin 1965 est un morceau d’anthologie : Mazouzi trouve qu’Ahmed Ben Bella était “mauvais” mais que Boumediene devait rester poli et ne pas faire de coup d’Etat. Pourquoi ? Parce que Mazouzi savait que Ben Bella était fini et qu’un mois plus tard, il aurait été limogé.
D’où lui vient cette certitude et quelle valeur lui accorder ? AUCUNE. Mazouzi croit avoir assez d’aura magique pour lancer n’importe quelle prédiction. Il est descendant de Marabout après tout..
Les seuls moments “vrais” et intéressants de ce livre sont dans la description des années de prison. Sinon, le reste, mal écrit par un collaborateur inefficace, est à oublier vite, très vite.

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