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Nucléaire iranien: Trump tente un coup de poker

Nucléaire iranien: Trump tente un coup de poker

Un face-à-face spectaculaire oppose la première puissance mondiale et le reste de la planète,  depuis à  la proclamation unilatérale de Washington de rétablir des sanctions des Nations unies contre Téhéran.

Une initiative illégale dénoncée par l’Iran qui a appelé dimanche le monde à parler « d’une seule voix »  contre les actions irresponsables de l’administration Trump.

«Le monde entier dit que rien ne s’est passé. Cela s’est simplement passé dans le monde imaginaire » de M. Pompeo, a réagi Saeed Khatibzadeh, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse.

Estimant que Washington était « isolé » et « du mauvais côté de l’histoire », M. Khatibzadeh a suggéré aux Etats-Unis de « retourner au sein de la communauté internationale, de respecter leurs engagements, d’arrêter de se rebeller et le monde les acceptera ».

Défiant le reste du monde, les Etats-Unis risquent d’accroître les tensions internationales, surtout que le gouvernement de Donald Trump menace clairement de mettre en place un système de sanctions dites secondaires pour punir tout pays ou entité qui violerait ces sanctions.

Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé dimanche matin une initiative américaine «illégitime » ne pouvant avoir « de conséquences légales internationales ».

Les chefs de la diplomatie française, allemande et britannique ont affirmé dans une déclaration commune que cette initiative américaine était « sans effet en droit ».

« Nous avions tous clairement dit en août que cette manœuvre était illégitime. Est-ce que Washington est sourd? »,  a tweeté Dmitri Polianski, ambassadeur adjoint russe aux Nations unies.

« Il est très douloureux de voir un grand pays s’humilier ainsi et s’opposer dans son délire obstiné aux autres membres du Conseil de sécurité de l’ONU », a-t-il ajouté.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a prévenu dans un communiqué que « si les Etats-Unis mettent en œuvre leurs menaces, directement ou via la coopération de certains de leurs alliés, ils seront responsables de toutes les conséquences dangereuses ».

Ces sanctions ont été levées en vertu de l’accord international conclu en 2015, lorsque Téhéran s’est engagé à ne pas se doter de l’arme nucléaire.

Or le président Trump, jugeant insuffisant ce texte négocié par son prédécesseur Barack Obama, en a retiré avec fracas en 2018 les Etats-Unis, qui ont dans la foulée rétabli voire durci leurs propres sanctions bilatérales.

A présent, dans une pirouette juridique, les Etats-Unis invoquent leur statut de pays « participant » à cet accord dans le seul but d’activer le « snapback », ce que conteste la quasi-totalité des autres pays membres du Conseil de sécurité.

Mais le dialogue de sourds continue, l’administration Trump fait désormais comme si les sanctions internationales étaient de retour.

Au vu du retrait américain de l’accord, ils « ne peuvent pas initier un retour des sanctions des Nations unies », a estimé Josep Borrell, chef de la  diplomatie européenne dans un communiqué dimanche.

« Il ne va rien se passer », prédit un diplomate à l’ONU. « C’est comme quand on appuie sur la gâchette et que la balle ne part pas ».

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