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Op-Ed

NOVEMBRE, ENCORE ET TOUJOURS

Soixante ans après le déclenchement de la Révolution contre la France coloniale, l’on a perdu encore, cette année, des acteurs de premier rang, du fait de vieillissement et de la mort de ceux qui ont survécu à l’épopée militaire.

Pour autant, le débat houleux et contradictoire qui a surgi au lendemain de l’indépendance, sur le récit des faits d’armes de la lutte de libération, peut nous consoler dans notre lecture de l’histoire du mouvement de libération.

Il est même envisageable que la nouvelle génération, dans son ensemble, se satisfasse d’une version héroïque minimale en revendiquant une victoire de plus d’un siècle de lutte.

Sans toutefois renoncer à la quête de vérité sur le passé pour rendre un hommage éternel aux héros qui se sont sacrifiés pour l’émancipation de tout un peuple, les querelles à propos d’un détail, les procès injustes des grands hommes, les secrets des déchirements internes aux révolutionnaires, les crimes fratricides, les trahisons, les usurpations redeviendront des thèmes académiques de recherche au lieu de se faire prétexte à des règlements de comptes sans fin.

Puisque plus personne ne pourra tirer sa légitimité au pouvoir à partir de l’écriture de l’histoire de notre Révolution. On pourra alors définir Novembre comme le début d’un processus irréversible contre l’occupation française par-delà ses victimes, héros ou traitres.

Il n’y a aucune falsification sur cette matrice, comme toute prise de pouvoir démocratique de l’indépendance n’a pas non plus pu contrarier la libération du pays. Il ne faut jamais perdre de vue que la révolution de novembre est une dynamique fédératrice qui a uni un peuple éparpillé sur un territoire immense, un peuple pauvre et analphabète, réduit pratiquement à l’esclavage, mais qui a su crier fort « halte » au colonialisme.

Maintenant qu’il est quasiment certain que le prochain président de la République n’émergera pas de cette génération de « Novembristes » bien fatiguée, il serait judicieux de réhabiliter un slogan très répandu le 5 juillet 1962  : « Un seul héros, le peuple », un slogan qui peut renforcer les liens entre les Algériens de notre temps pour faire face aux nouveaux périls menaçant de plus en plus notre souveraineté nationale.

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