Nouvelle loi minière : Un tournant majeur pour le secteur
La nouvelle loi régissant les activités minières marque un véritable tournant pour le secteur qui recèle un grand potentiel, selon le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, qui s’exprimait, jeudi, devant la commission des affaires économiques, du développement, de l’industrie, du commerce et de la planification de l’Assemblée populaire nationale (APN).
Issue de larges consultations menées sur instruction du président de la République, la réforme minière vise à moderniser l’environnement juridique, à libérer l’investissement et dynamiser une filière minière encore largement sous-exploitée, a affirmé Arkab lors de son audition par ladite commission.
Le ministre a mis l’accent sur les changements structurants introduits par ce texte de loi adoptée et publiée au mois d’août dernier, a-t-il rappelé. Il a cité, entre autres, la simplification des procédures administratives, la réduction des délais d’octroi des titres miniers, la mise en place d’un guichet unique effectif, la possibilité d’investir en phase d’exploration sans création obligatoire d’une personne morale, ainsi que l’instauration (pour la première fois) de la cession, de la location ou de l’hypothèque des titres miniers pour faciliter l’accès au financement bancaire.
La loi renforce également le rôle des agences spécialisées, notamment l’Agence nationale des activités minières et l’Agence du service géologique de l’Algérie.
Dans ce sens, un diagnostic approfondi mené par le ministère révèle des capacités minières « considérables » et des richesses encore inexploitées, contrastant avec une contribution limitée au PIB. Selon Arkab, cette situation est due à plusieurs facteurs, notamment la faiblesse des investissements dans la recherche et l’exploration, l’absence de données géologiques récentes et fiables, l’importation continue de minerais disponibles localement (concentré de fer, barytine, bentonite, carbonate de calcium, marbre, granit), générant une perte de devises, l’inadéquation du précédent cadre légal (loi 14-05), sans oublier le déficit d’infrastructures adaptées, notamment ferroviaires et portuaires, ou encore les difficultés de financement.
Pour Arkab, cette réforme s’inscrit dans la vision stratégique tracée par le président Abdelmadjid Tebboune, qui ambitionne de faire du secteur minier un moteur essentiel du développement national et une composante centrale de la diversification économique hors hydrocarbures. L’objectif majeur est de transformer les ressources naturelles en véritable valeur ajoutée au service de la croissance.
Le ministre a souligné que la stratégie nationale vise à dépasser le stade de l’extraction primaire pour construire une industrie minière intégrée. Plusieurs projets structurants figurent au cœur de cette démarche, dont celui de Gara Djebilet (Tindouf) contribuant à l’approvisionnement durable de l’industrie nationale en matières premières et la réduction de la facture d’importation, le projet intégré du phosphate à l’est du pays considéré comme pilier pour la production nationale d’engrais et la sécurité alimentaire, en plus du projet de zinc et de plomb d’Oued Amizour – Tala Hamza, destiné à couvrir les besoins de l’industrie locale et à exporter le surplus avec une forte valeur ajoutée.
Lors de cette séance, Arkab a assuré que les principaux défis infrastructurels ont été relevés dans le cadre des grands projets structurants. Il a notamment cité la réalisation de la ligne ferroviaire Gara Djebilet – Béchar, dont l’inauguration est prévue en janvier 2026, la ligne Tébessa – Souk Ahras – Annaba, est dédiée au projet du phosphate intégré ainsi que l’extension en cours du port minier d’Annaba.
Parallèlement, le ministère œuvre également à renforcer les partenariats internationaux, en coordination avec le groupe Sonarem, afin d’attirer des investissements et des technologies de pointe.
Le même responsable a souligné que la nouvelle stratégie, soutenue par la réforme législative, constitue désormais le cadre opérationnel pour faire du secteur minier l’un des piliers majeurs de l’économie nationale, une source durable de richesse et d’emplois et un contributeur de poids au budget de l’État.
Allez à la page entière pour voir et envoyer le formulaire.