Nouvelle loi d’orientation agricole : Tebboune veut une organisation définitive du secteur
Le président de la République veut une « organisation définitive » du secteur de l’agriculture. L’instruction a été donnée lors du Conseil des ministres, appelant à la préparation d’un nouveau projet de loi d’orientation agricole selon une vision prospective associant des spécialistes. Une orientation qui sonne comme un changement de cap pour le secteur de l’agriculture, selon une nouvelle approche basée principalement sur la modernité et l’innovation en vue de mettre le secteur au diapason de la nouvelle stratégie agricole.
Le secteur de l’agriculture est appelé à « faire sa mue ». C’est ce qui ressort de l’orientation donnée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a ordonné, lors du Conseil des ministres qu’il a présidé avant-hier, de « préparer un nouveau projet de loi d’orientation agricole pour une organisation définitive du secteur selon une vision prospective associant des spécialistes ». Pour l’expert en agriculture, Boukhalfa Laala, le Président, à travers l’appel à la préparation d’un nouveau projet de loi, « fait allusion à la Conférence nationale sur la modernisation de l’agriculture », laquelle, faut-il le noter, s’est soldée par l’adoption d’un ensemble de recommandations axées principalement sur la nécessité de numériser les techniques de production, d’adopter des méthodes d’irrigation modernes et d’encourager la production locale de semences à travers la création de pôles nationaux spécialisés.
Laala, qui a signalé le grand intérêt pour le secteur de l’agriculture du fait qu’il soit souvent à l’ordre du jour des réunions des Conseils des ministres, a souligné la nécessité de mettre en œuvre de nouvelles mesures à même de mettre le secteur au diapason de la nouvelle stratégie agricole, adoptée par les pouvoirs publics, laquelle accorde un intérêt particulier pour le développement des cultures stratégiques, et par-là même la garantie de la sécurité alimentaire du pays.
« Il est aujourd’hui nécessaire de mettre en place de nouvelles mesures pour changer de cap, permettant de passer d’une agriculture traditionnelle à une agriculture moderne », a-t-il précisé, soulignant la nécessité de prendre en charge les différents problèmes exposés par les professionnels du secteur. Il a, dans ce sens, évoqué des pratiques bureaucratiques qui, selon lui, « dominent le secteur » ainsi que le manque de coordination entre les différentes structures.
Selon l’expert en agriculture, qui a souligné la nécessité d’introduire les nouvelles technologies dans la gestion du secteur, le nouveau cadre juridique annoncé vise à « revoir l’organigramme et le fonctionnement du ministère de l’Agriculture, du sommet jusqu’à la base, ainsi que le fonctionnement des structures du secteur de l’agriculture ».
En plus de vouloir organiser, de manière définitive, le secteur selon une nouvelle approche, le président de la République a appelé à l’association des spécialistes. Une démarche qui se concrétise déjà avec, rappelons-le, l’installation d’un Conseil scientifique à la sécurité alimentaire, en marge de la Conférence nationale sur la modernisation de l’agriculture, lequel est composé de 34 membres représentant différentes filières.
Un matériel nouveau pour augmenter les rendements
Une nouvelle mesure est également prise par le président de la République en faveur du secteur de l’agriculture, relative à l’importation d’un nouveau matériel. Le chef de l’Etat a en effet instruit le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche de coordonner avec le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations pour procéder immédiatement à l’importation de moissonneuses et de matériels de semis, avec la possibilité d’importer des machines de moins de cinq ans destinées à la récolte du maïs et des graines oléagineuses, y compris le tournesol.
Cette mesure tombe à point, selon M. Laala, avec l’ambition d’augmenter la productivité, d’améliorer les rendements. Elle permettra aussi de réduire sensiblement les coûts de production. « L’importation d’un nouveau matériel agricole moderne est très important », a-t-il affirmé, signalant le fait qu’actuellement, « nous utilisons un matériel agricole traditionnel ». « Pour augmenter les rendements, il est essentiel de mettre à la disposition des agriculteurs un matériel qui réponde aux conditions d’une agriculture moderne », a-t-il ajouté. L’importation de nouvelles moissonneuses revêt une importance particulière, dans la mesure où ce matériel permettra d’éliminer les pertes, estimées jusque-là, selon M. Laala, à 12 %.