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Nationale

Nouveau camouflet pour Zeghmati

Nouveau camouflet pour Zeghmati

C’est un véritable et surprenant coup de théâtre. Un camouflet de plus au ministre de la Justice, garde des Sceaux. Les membres du Conseil de la nation ont voté hier contre la levée de l’immunité parlementaire de deux sénateurs. Il s’agit de Sid Ahmed Ouraghi, avec égalité des voix, 54 oui et 54 non (le règlement stipule que lorsqu’il y a égalité des voix la levée est refusée), et d’Ali Talbi qui a obtenu 93 voix contre et 19 voix pour la levée. Le résultat obtenu est déjà qualifié de précédent dans cette série de demandes de levée de l’immunité parlementaire de sénateurs et de députés.

Depuis le début, pratiquement toutes les demandes formulées par la chancellerie sur la levée de ce privilège ont été acceptées, sauf une, au niveau de l’Assemblée populaire nationale. En homme fort et obnubilé par la nouvelle opération anti-corruption, Belkacem Zeghmati a ouvert tous les fronts, dont celui de rouvrir des dossiers sensibles sur des dépassements, des malversations et autres délits commis par certains membres du Sénat et de l’APN. Ses initiatives étaient fortement applaudies, sauf que cela a créé un certain malaise au niveau de ces assemblées. Les milieux parlementaires ne cachaient point leurs angoisses et leurs appréhensions sur l’ampleur de ces initiatives, ainsi que sur leurs portées politiques.

Mais déjà, des sources évoquent que certaines demandes ne se basaient pas sur des arguments solides. Des voix de l’intérieur jugent ouvertement que ces cas relèvent plutôt de jugements subjectifs.

Ainsi, on évoque le cas d’une bagarre qui aurait eu lieu au sein du Sénat et concernerait le sénateur Ouraghi, un proche de l’ex-ministre Tayeb Louh actuellement incarcéré. « La demande de levée de l’immunité a fait suite à une bagarre lors du renouvellement partiel (des membres du Sénat) », a expliqué le sénateur Mahmoud Kissari. Ce dernier a révélé que les doutes sur l’indépendance de la justice, soulevée hier par le Syndicat national de la magistrature, ont influencé le vote des sénateurs. « 

Les sénateurs ont estimé que l’affaire n’était pas aussi urgente au point de déclencher la levée de l’immunité. La tendance lourde était, hier, pour la levée de l’immunité aux deux sénateurs, mais la position des élus, le jour du vote, a vite changé à la suite du communiqué du syndicat des magistrats dans lequel ils disent que les magistrats subissent des pressions de la part du pouvoir exécutif », a ajouté M. Kissari.

Pour sa part, le sénateur Abdelouahab Zaïm du groupe FLN a, lui, expliqué que la demande de levée de l’immunité de Sid Ahmed Ouraghi est basée sur « une communication téléphonique » que le concerné aurait effectuée, ajoutant que celui-ci n’était pas impliqué dans l’altercation.

Hier, on ne voulait donner aucun autre détail expliquant la « rébellion » ou la solidarité des sénateurs avec leurs confrères. C’est un désaveu magistral pour Zeghmati, qui sera sans doute affaibli davantage par cet événement inattendu.

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