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Nationale

Norredine Bahbouh : « L’armée doit jouer un rôle d’accompagnateur»

Norredine Bahbouh : « L’armée doit jouer un rôle d’accompagnateur»

Pour sortir de la crise que traverse le pays, le président du parti de l’Union des forces démocratiques et sociales (UFDS), Norredine Bahbouh, préconise d’allier solutions politiques et dispositions constitutionnelles. Il appelle dans la foulée à un dialogue qui va regrouper la classe politique, le Hirak et l’institution militaire.

Invité du Forum d’El Moudjahid, Bahbouh estime qu’il ne faut pas être « prisonnier de la Constitution ». Une Constitution qui a été selon lui, bafouée à maintes reprises. Il cite dans ce sens la décision de l’ex-président de la République de reporter l’élection du 18 avril alors que la Constitution ne prévoit pas cette éventualité, sauf en état de guerre. Soulignant les acquis réalisés par le mouvement populaire, il a indiqué que l’heure maintenant est de passer à une transition politique, et ainsi « donner la légitimité à l’Etat algérien ». Selon lui, il est temps d’ouvrir le débat et dialoguer. Un dialogue qui va se faire entre la classe politique et les représentants du Hirak, qui peut facilement se représenter, avec l’institution militaire. Une institution qui va jouer un rôle d’accompagnateur et de facilitateur de la période de transition. Une intervention de l’armée qui est vue par plus d’un comme une ingérence dans les affaires politiques, voire un dépassement de ses missions constitutionnelles. L’ancien ministre n’est pas de cet avis. « L’armée était contrainte d’assumer un rôle politique », a-t-il signalé avant d’ajouter : « L’armée a fait éviter un scénario dramatique pour le pays. » « Elle a été obligée de s’ingérer, car les institutions politiques n’ont pas joué leur rôle. » Il s’est de ce fait interrogé sur la non-ouverture du débat par l’APN sur la situation que traverse le pays. Chose qui s’est faite signale-t-il, auparavant comme en 1996, sur la situation sécuritaire du pays.

Cette période de transition, précise-t-il, doit être d’une courte durée, car le contraire serait dangereux. Interrogé sur la faisabilité de cette transition en une période courte, il dit que « c’est possible » du fait qu’elle va se focaliser, entre autres, sur l’élaboration de la loi électorale et l’installation de l’Instance nationale indépendante chargée d’organiser les élections.

Pour ce qui est la présidentielle du 4 juillet, l’invité d’El Moudjahid estime que son annulation est un « fait réel ». « Ce n’est qu’une question de jours, et le Conseil constitutionnel annoncera officiellement son annulation », a-t-il indiqué. Selon lui il était impossible de tenir ce rendez-vous électoral alors qu’il est rejeté par le peuple et que des corporations refusent de l’encadrer à l’instar des magistrats et des présidents des Assemblées populaires communales, mais également du fait qu’il n’a pas été procédé à l’installation de l’Instance chargée de l’organiser.

Par ailleurs, Bahbouh est revenu sur le mouvement populaire et sa révolution. « L’Algérie passe par un moment historique jamais connu depuis 1962. » Selon lui, le système, depuis 20 années, a connu les plus grands dérapages jamais vus de l’histoire du pays. C’est donc le sentiment d’être agressé dans sa dignité, en voulant imposer un cinquième mandat, qui a fait réagir le peuple, qui n’a cessé d’exprimer ses revendications. Des revendications qui ont évolué au fil des jours et font preuve de la maturité politique du peuple. Le pouvoir, enchaîne-t-il, a tout intérêt prendre en charge ces revendications.

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