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Culture

Noël Favrelière le «Juste» est décédé

Noël Favrelière le «Juste» est décédé

Il a été condamné à mort deux fois pour avoir refusé de se battre à 22 ans et s’être enfui avec un prisonnier algérien. Noël Favrelière est décédé le 11 novembre à 83 ans.

Profondément marqué par l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, il effectue son service militaire en Algérie avant le soulèvement du 1er novembre 1954, date du début de la guerre d’Algérie.

Choqué par le sort réservé aux musulmans, il écrira dans son livre « Le Désert de l’Aube » (Editions de Minuit) réédité en 2000 : « Si j’étais Algérien, je serais fellagha ». Rappelé en 1956, il retourne en Algérie où il est témoin d’exactions.

Dans « Le Désert de l’Aube », il raconte ainsi son refus de laisser un prisonnier du FLN emmené dans une « corvée de bois » (exécution) et sa fuite avec lui dans le désert. Noël Favrelière se cache alors pendant dix mois et rejoint l’Armée de libération nationale (ALN), la branche militaire du FLN.

Il participe aux combats de l’ALN pendant dix mois, dans la partie du Sahara et des montagnes situées à la frontière entre Tunisie et l’Algérie, sous le nom de Nourdine. Il est blessé au pied après une attaque de l’aviation française. Passé en Tunisie après avoir témoigné de son geste dans la presse, il demande un visa pour les États-Unis où vit sa sœur.

Condamné une première fois à mort par contumace, en 1958, par le Tribunal militaire de Constantine il l’est une seconde fois en 1960. En 1962, il retourne en Algérie et rencontre Ahmed Ben Bella et Mhamed Yazid.

En 1963, il rentre clandestinement en France : il tient, grâce à Simone de Beauvoir et Jean-Paul Sartre, une conférence de presse et expose ses tableaux.

Bénéficiant d’une bourse en Yougoslavie, il obtient un diplôme d’Histoire de l’Art à Ljubljana en 1964. Il repart en Algérie et dirige alors le musée d’Alger de 1964 à 1966.

Grâce à une lettre de sa mère expliquant à la femme du général De Gaulle que son fils avait agi comme le Général quand il s’était réfugié au Royaume-Uni en 1940, il est amnistié par ce dernier de ses deux condamnations à mort en 1966.

A la suite d’un non-lieu, il travaille comme attaché culturel du ministère des Affaires étrangères à l’étranger. Il travaille ensuite à la Régie Renault à Sofia et à Ljubljana, de 1967 à 1983. En 1968, il épouse la danseuse étoile Lane Stranić.

Ils auront une fille en 1981, devenue comédienne et metteuse en scène sous le nom de Daphné Millefoa. Il s’est rendu en Grèce en 1974 et aurait participé aux combats pour la Troisième République hellénique. De 1983 à 1989, il devient le directeur de l’Institut français de Ljubljana (Slovénie), puis de celui d’Amman (Jordanie) de 1989 à 1995.

Quand la droite revient au pouvoir en France en 1995, il se retrouve au chômage puis prend sa retraite en 1999. Il a dessiné et peint toute sa vie.

En 2000, Noël Favrelière signe avec onze autres « grands témoins » un appel, dans L’Humanité, à la condamnation de cette pratique pendant le conflit. Noël Favrelière fait partie des « Justes d’Algérie » qui ont soutenu les Algériens durant la guerre. Né en 1934 à La Rochelle, il est sous-officier parachutiste de l’armée française.

Il a inspiré de nombreux personnages de déserteur et résistant concernant cette guerre dont notamment le film de René Vautier Avoir vingt ans dans les Aurès (1972). Il fait partie des « Justes d’Algérie » ayant soutenu le combat du peuple algérien pour sa libération.

Il est nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 1985. Il décède le 11 novembre 2017 à l’âge de 83 ans. Souffrant d’Alzheimer depuis quelques années avant de s’éteindre dans la nuit du 11 au 12 novembre dernier.

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