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Nationale

Nils Andersson rappelle le passé « criminel » de la France coloniale

Nils Andersson rappelle le passé « criminel » de la France coloniale

« La France continue à vivre dans le déni et n’arrive pas à surmonter son complexe d’ancien colonisateur et reconnaître les crimes commis pendant plus d’un siècle de colonialisme ». C’est ce qu’a déclaré, hier, l’écrivain et ancien éditeur suisse, Nils Andersson, lors d’une conférence animée au forum d’El Moudjahid.

Et d’ajouter : « Je ne pense pas que le gouvernement français soit prêt, aujourd’hui, à faire son mea culpa ». En ce qui concerne « sa relation » avec la guerre de libération algérienne, M. Andersson a indiqué avoir connu celle-ci à travers la lecture évoquant le colonialisme. « Je n’ai jamais été en Algérie en cette époque, mais les écrits qui ont dénoncé la guerre colonialiste et les méthodes de torture utilisées par l’armée française ont contribué pour beaucoup à une prise de conscience ». L’invité du doyen de la presse algérienne s’est étalé sur son parcours de militant d’une cause qu’il a adoptée « sans la vivre de près ». L’écrivain a souligné que son engagement pour la révolution algérienne n’est qu’un prélude à se mettre du côté des causes justes de par le monde.

« Je me dois de soutenir toutes les causes justes ; là où les peuples opprimés ont besoin d’être épaulés », a-t-il dit. Et d’enchaîner : « J’ai réédité une multitude de livres qui ont été saisis par le gouvernement colonial français entre 1958 et 1959, dont « la Question » d’Henri Alleg, et « la Gangrène » qui recueille les déclarations de cinq détenus algériens », a-t-il ajouté. « Ces derniers étaient des étudiants résistants ; ils racontaient les tortures qu’ils ont subies de la façon la plus barbare », a rappelé l’orateur. « Ma prise de position m’a coûté une expulsion du sol suisse où je résidais et une interdiction de séjour en France en 1967 ». « J’ai dû m’installer en Suède et poursuivre le chemin de défenseur des peuples colonisés », a-t-il précisé. Il faut dire que cet acharnement, poursuit-il, s’explique par le fait que le livre ne meurt pas dans le temps, contrairement aux périodiques. « Il continue à éveiller les esprits tant qu’il est disponible pour les lecteurs », a expliqué l’intervenant. Sur la question de rapatriement des crânes de résistants algériens exposés dans les musées français, l’orateur a indiqué que « ces crânes appartiennent à l’Algérie et constituent son patrimoine, et que leur rapatriement relève d’un droit des plus légitimes ».

Par ailleurs, M. Andersson a souligné l’importance de procéder à un grand changement au niveau des pouvoirs pour pallier le discours raciste qui s’adosse au phénomène du terrorisme. Cela est une nécessité absolue pour dépasser les tensions entre les nations des deux rives de la Méditerranée. Le propriétaire de l’ancienne maison d’édition « La Cité éditeur » est né en Suisse le 14 février 1933 d’un père suédois et d’une mère française. Il a écrit un livre intitulé : « Mémoires éclatées, de la décolonisation au déclin de l’Occident », sorti en 2016, sans omettre un répertoire d’articles et de contributions publiés dans les presses française et suisse. 

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